Nantes: Un supermarché de produits fermiers locaux route de Vannes

GASTRONOMIE Le magasin Les Fermiers du coin regroupe depuis ce vendredi une soixantaine de producteurs locaux vendant en direct, sans intermédiaire...  

Frédéric Brenon

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Le magasin Fermiers du coin. Lancer le diaporama
Le magasin Fermiers du coin. — F. Brenon / 20 MInutes

A première vue, il ressemble à un supermarché classique. Il a d’ailleurs choisi l’artère la plus commerciale de l'agglomération nantaise, la route de Vannes, temple des grandes franchises et des parkings automobiles, pour ouvrir ses portes ce vendredi, au n°290.

Le magasin Les Fermiers du coin n’a pourtant pas grand-chose à voir avec ses voisins. Ici, tous les produits sont locaux et vendus directement du producteur au client.  Fruits, légumes, laitages, boucherie, charcuterie, boulangerie, vins, œufs, confitures ou conserves sont livrés par des agriculteurs de Loire-Atlantique ou, pour les articles les moins courants, du Grand ouest.

Bio ou agriculture raisonnée

«L’idée c’est de réunir sur un même lieu tous les produits fermiers qu'on pouvait trouver en vente directe autour de Nantes. Une soixantaine de producteurs locaux sont ainsi regroupés. Il y a environ 25% de bio, le reste est issu d’une démarche d’agriculture raisonnée. L’exigence, c’est la qualité gustative», explique Antoine Lelièvre, gérant des Fermiers du coin, qui avait déjà ouvert un magasin similaire en septembre 2013 près de Rennes.

Aucun négociant ou grossiste n'intervient dans le processus, les prix sont fixés librement par l’agriculteur. «Contrairement à ce qui se pratique dans la grande distribution, il n'y a pas de contrat de volumes ou d'exclusivité, précise Antoine Lelièvre. Seule une commission est versée pour le fonctionnement de ce point de vente collectif.»

«Les tarifs sont intéressants»

D'une surface de 550m2, le magasin est ouvert 6 jours sur 7, y compris entre 12h et 14h, créneau où il propose des plats à emporter. Neuf vendeurs ont été recrutés pour renseigner les clients. «Le conseil est important. Ne serait-ce que pour expliquer qu'on ne trouve certains produits qu'à certaines saisons. Sur ça aussi, on tient à se démarquer de la grande distribution», ajoute Antoine Lelièvre.

«C’est une très bonne initiative, juge Fabienne, une des premières clientes du magasin. En achetant ici, on soutient les producteurs locaux et, au moins, on est sûr de ce qu’on mange. En plus, les tarifs sont intéressants.» «Je suis agréablement surprise par les prix, confirme Annick, autre cliente. Les produits ont l'air de qualité et, surtout, ils ne viennent pas de l'étranger.» «C'est un peu plus cher que ce qu'on peut trouver en supermarché, notamment les pâtes et les yaourts, considère Julie. Mais on n'est pas déçu par la qualité.»

Toucher la clientèle nantaise

«Ce magasin va nous permettre de toucher la clientèle nantaise. Avant, la seule solution, c’était les marchés», indique Didier Rabiller, éleveur de volailles à Vieillevigne. «Les clients veulent davantage de terroir. Mais le terroir, on n’y va pas s’il faut faire 30km en voiture», estime André Beurier, producteur de dinde à Nort-sur-Erdre.

Il poursuit: «Je suis convaincu que la vente directe est créatrice d'emplois. Mais ce n'est pas évident au départ. Il faut se remettre en question, développer d'autres compétences que notre métier d'agriculteur. Il faut aussi s'affranchir du reste du groupe qui préfère un autre modèle, plus confortable. Quand vous travaillez avec un industriel, vous n'avez jamais un merci. Ici, au moins, on reçoit la reconnaissance de chaque client.»