HBC Nantes: «Finir sur un titre pourrait tout réparer!», estime Alberto Entrerrios

INTERVIEW L'arrière gauche du «H», qui a beaucoup été blessé depuis son arrivée à Nantes il y a trois ans et qui devrait stopper le handball en fin de saison, attend beaucoup de ce Final Four de la Coupe de la Ligue, ce week-end, à Rouen...

David Phelippeau

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L'arrière gauche du HBC Nantes Alberto Entrerrios.
L'arrière gauche du HBC Nantes Alberto Entrerrios. — Ouest Médias / SIPA

C’est maintenant ou jamais pour le HBC Nantes, et pour Alberto Entrerrios? A Nantes depuis trois ans et à quelques mois d’une très probable retraite, l’arrière gauche espagnol a l’occasion de remporter, ce week-end à Rouen, la Coupe de la Ligue, le premier trophée de l’histoire du club.

Samedi, vous jouez la demi-finale contre Cesson, et ensuite, peut-être la finale dimanche, contre Toulouse ou Dunkerque. C’est le rendez-vous de l’année pour Nantes?

Ce sont les deux matchs les plus importants de l’année car il y a un titre en jeu et une qualification européenne (EHF) au bout aussi. Cette coupe est super importante, même si on aura peut-être une autre possibilité avec la Coupe de France (dans dix jours, en ½ finale contre Montpellier).

Mais, c’est surtout un titre en jeu…

Oui, et quelques joueurs, dont je fais partie, sont venus ici pour gagner des titres. C’est l’objectif du club mais il ne faut pas oublier qu’il y a deux matchs à jouer d'abord.

Personnellement, ce rendez-vous est capital…

Oui, car cette année est peut-être ma dernière année de hand. C’est presque sûr que je vais prendre ma retraite à la fin de la saison. Pour moi, ça serait très joli de gagner un titre avec Nantes pour rendre à ce club tout ce qu’il m’a donné.

Ça serait un échec personnel de finir avec le «H» sans gagner un trophée?

Oui, ça serait un échec personnel… Même si je pense que Nantes à l’avenir gagnera un titre. Mais, j’ai quand même très envie d’être là pour le gagner.

Êtes-vous certain de prendre votre retraite en fin de saison?

Si Nantes n’est pas intéressé pour continuer avec moi, je pense que je vais arrêter…

Le club vient de recruter deux joueurs (Derot et Komogorov) à votre poste pour la saison prochaine. C’est un signe?

Thierry Anti (le coach) m’a dit clairement que c’était risqué pour le club de me refaire signer à cause de mes blessures à répétition. Je sais tout ça. Pour l’instant, je ne pense pas beaucoup à ça.

Comment imaginez-vous votre retraite?

Je l’imagine comme une transition. Je veux rester à Nantes. Si je prends ma retraite, avec ma femme et mes enfants, on va rester ici quelques années. Je veux que mes enfants parlent bien la langue. Je veux aussi passer mes diplômes d’entraîneur. J’aimerais tester ce métier pour voir si ça me plaît.

A 38 ans, vous sentez vraiment le poids des âges?

Ce sont les blessures qui sont dures, même si c’est vrai qu’elles sont liées à mon âge. A 25 ans, elles seraient moins compliquées à gérer. En début de saison, j’ai été arrêté quatre mois, ça a été compliqué. Quand j’ai repris le hand, j’ai eu mal aux genoux, aux articulations. A 38 ans, même pendant les vacances d’été, on ne peut pas s’arrêter deux mois. Imaginez quand on est arrêté quatre mois alors! C’est d’autant plus dur pour moi tous ces pépins physiques que je n'étais jamais blessé avant.

Avez-vous envie de vous faire pardonner auprès du club après toutes ces absences répétées?

Oui c’est clair. J’ai l’envie de tout donner sur ces deux ou trois mois qu’il me reste ici. Après, je ne vais pas m’excuser car je n’ai pas fait exprès d’être blessé. Le problème c’est que je ne suis pas un joueur qui sait jouer avec des blessures. Finir avec un titre, ça pourrait tout réparer!

Nantes a pourtant besoin d’un grand Entrerrios sur un rendez-vous comme celui de ce week-end?

Nantes a besoin de tout le monde. Après, il faut que les gens aient conscience que je ne suis pas le même joueur qu’il y a trois ans. Les blessures sont passées par là et elles m’ont fait du mal physiquement mais surtout dans ma tête. J’ai perdu beaucoup de confiance dans mon corps et dans mon jeu. Mais, encore aujourd’hui, je peux faire de bons matchs et aider l’équipe à gagner un titre. J’en suis sûr.