Nantes: Une bouée unique au monde pour étudier la faune marine

ENVIRONNEMENT Simeo, première station instrumentale au monde dédiée à l'observation des vertébrés marins, sera mise à l'eau à titre exprimental ces tout prochains jours à 5 km des côtes bretonnes...  

Frédéric Brenon

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La nacelle de la station Simeo.
La nacelle de la station Simeo. — NKE / Biotope

Elle a été en partie mise au point aux Ateliers de constructions chaudronnées de l’ouest (ACCO) à Soudan, près de Châteaubriant (Loire-Atlantique). La première station instrumentale au monde dédiée à l’observation des vertébrés marins sera mise à l’eau ces tout prochains jours en mer d’Iroise, en baie de Douarnenez, à 5 km des côtes du Finistère.

Haute de 14 m, la station, baptisée Simeo, ressemble en fait à une grosse bouée semi-immergée bourrée de technologies (capteurs, radar, sonar, système audio vidéo...).

Trajectoires des oiseaux, sons des cétacés...

«Ces outils permettront d’étudier les trajectoires des oiseaux, les ultrasons émis par les chauves-souris, les déplacements des poissons ou les sons sous-marins des cétacés jusqu’à une profondeur de 40 m. Aucun équipement ne permettait jusque-là de collecter toutes ces données en même temps», explique Erwan Roussel, ingénieur de recherche au sein du bureau d’études environnementales Biotope, qui développe le projet aux côtés de NKE instrumentation, de l’Ifremer et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

La plupart des informations seront transmises à terre chaque jour. D’autres données, plus lourdes, seront recueillies manuellement tous les deux mois environ.

Plusieurs débouchés potentiels

La bouée prototype sera testée en mer d’Iroise pendant 6 mois, avant une commercialisation prévue à partir de fin 2015. Les clients potentiels sont des opérateurs privés ou des services de l'Etat.

«SImeo doit pouvoir s'adapter aux différents besoins. Elle peut par exemple servir à l’observation de la biodiversité marine dans le cadre du développement des parcs éoliens offshore ou des aires marines protégées, indique Erwan Roussel. Mais elle peut aussi être utilisée pour la surveillance des observatoires côtiers ou des aménagements littoraux (ports et digues). Les premiers retours de clients intéressés sont plutôt bons. C'est prometteur.»