Nantes: La «dictée des cités» fait un passage sans-faute aux Dervallières

INITIATIVE Quelque 200 habitants ont participé à un concours d'orthographe, ce dimanche...

Julie Urbach
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La dictée des cités aux Dervallières
La dictée des cités aux Dervallières — J. Urbach

Elle pensait que Jules Verne était juste le nom d’une piscine mais qu’importe, la petite Nina, élève de CM2, s’accroche. Ce dimanche, comme quelque 200 habitants des Dervallières, elle participe à un événement peu banal. La «dictée des cités», dont la première édition a eu lieu à Argenteuil (banlieue parisienne) en 2013, s’est arrêtée pour la première fois à Nantes, dans le grand gymnase de ce quartier populaire.

Au micro, une feuille à la main, l’auteur de polars de Seine-Saint-Denis Rachid Santaki lit doucement un extrait du roman Le tour du monde en 80 jours. «‘Vainement’, ça existe comme mot?» «Oui, oui, c’est même ‘ent’ à la fin», entend-on chuchoter dans les rangs. Mohamed, par contre, est perdu. Concentré, le petit garçon d'à peine 7 ans écoutera au moins la lecture du texte jusqu’au bout.

Un Bescherelle en cadeau

Créée par l’association Force des mixités, et relayée à Nantes par «Fête le mur», cette initiative a déjà rassemblé plus de 2.000 personnes de tous les âges un peu partout en France. En banlieue parisienne beaucoup, mais aussi à Vaulx-en-Velin, Maubeuge, et même à la maison d’arrêt de Strasbourg. «Ici, on ne donne pas de notes, on n’affiche personne, et tout le monde repart avec un Bescherelle, détaille Rachid Santaki. Le but est de créer un challenge autour de la littérature, grâce à quelque chose de ludique. Maîtriser l’écriture et la lecture, c’est savoir communiquer et pouvoir s’accomplir dans la société.»

«C’est aussi un prétexte pour se rencontrer, assure Abdellah Boudour, président de Force des mixités. Avec un match de foot, les jeunes peuvent se friter alors qu’une dictée, il n’y a aucune tension, ça favorise les échanges dans le quartier.»

Casser la routine

Attirés pour la plupart par les paires de baskets et tenues de sport à gagner, beaucoup de jeunes participants semblent aussi avoir été contents de casser la routine du dimanche. Linda, en 6e, a retrouvé ses copines du collège. D’habitude, elle dit regarder la télé, rester sur le canapé, et parfois «carrément s’ennuyer».

Même son de cloche chez Fatma, 40 ans, venue en famille : «Mon fils était motivé et nous a tous emmenés, sourit-elle. Il a vu des affiches et était curieux de savoir comment ça allait se passer. En plus, il n’y a pas de niveau minimum à avoir pour se présenter: tout le monde essaye. Et on est ensemble !»