Dominique A prend le large avec un 10e album «océanique»

MUSIQUE Après le succès de «Vers les lueurs» en 2012-2013, le compositeur nantais sort son 10e album «Eleor» lundi prochain...

20 Minutes avec AFP

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Dominique A avait reçu en 2013 la Victoire de la musique du meilleur artiste masculin.
Dominique A avait reçu en 2013 la Victoire de la musique du meilleur artiste masculin. — Francois Mori/AP/SIPA

Trop «minimaliste», trop «adulte», trop «prise de tête» ? Dominique A fait fi des «casseroles» qui lui «collent aux basques» et prend le large avec un 10e album «océanique» où sa voix douce et son écriture racée sont plus que jamais à l'honneur.

Comme en 2012, Dominique A voit double en publiant en parallèle un disque («Eléor» , lundi prochain chez Cinq 7/Wagram) et un livre (Regarder l'Océan le 15 avril chez Stock) mêlant souvenirs personnels et fiction, preuve que le chanteur de 46 ans prend de plus en plus goût au geste littéraire.

«Aujourd'hui, j'ai l'impression que l'écriture de chansons doit avoir pour moi un pendant en prose», explique celui dont la plume est aujourd'hui très recherchée dans la chanson française, d'Etienne Daho à Calogero en passant par Joseph d'Anvers.

Un livre signé Dominique Ané

Son précédent livre «Y revenir», voyage impressionniste dans son enfance à Provins (Seine-et-Marne), lui « a permis de (se) libérer de certaines choses et de mettre le doigt de pied dans la littérature », estime le grand gaillard chauve à la voix posée.

Dans ce nouvel ouvrage, signé encore une fois de son nom complet (Dominique Ané) contrairement aux disques, il propose une série de textes sur un jeune adulte qui découvre son corps, les filles et la vie de musicien. Un petit livre pour «livrer un portrait, un peu faussé», dit le chanteur qui a déboulé en 1992 avec le délicat Courage des oiseaux, incarnant le renouveau d'une chanson française soucieuse du texte mais aussi nourrie d'une culture musicale anglo-saxonne.

 Retour vers « l'épure »

«L'océan» du livre, on le retrouve dans les ambiances «liquides » - dixit Dominique A - d'un dixième album voyageur. Les chansons poétiques parlent de vagues et ont pour décor la Nouvelle-Zélande (le mystérieux « Central Otago »), le Canada (Par le Canada), le Groenland (Cap Farvel), une île danoise plus ou moins idéalisée (Eleor), l'Espagne  (Semana Santa)...

«L'intention de départ, ce n'était pas de parler de flotte tout le temps, mais l'envie de mer et d'eau s'injecte dans les chansons à mon corps défendant», constate Dominique A, qui vient de quitter Bruxelles pour retourner vivre en famille à Nantes, une ville où il a déjà vécu de 15 à 23 ans.

A l'image de ses expériences littéraires, «concises et ramassées», il a misé pour ce nouveau disque sur «l'épure, ce avec quoi j'avais commencé» avec ses premières chansons dans les années 1990.

Les chansons ont ainsi un socle assez simple en trio (guitare-basse-batterie) et trouve de l'ampleur dans les ponctuations de cordes qui surgissent ici et là. Dans Cap Farvel, par exemple, où il décrit un homme et une femme «l'un à l'autre accrochés, enfoncés dans le rêve». Ou dans l'élégant Au revoir mon amour co-signé avec sa compagne Laetitia Velma (« Peut-être mon amour, mieux vaut ne pas s'aimer/Qu'un jour ne plus s'aimer? »).

Flatteuse réputation mais ventes de disques moyennes

Chanteur «trop adulte», «trop prise de tête », « trop vieux »... Dominique A connaît par coeur ces « casseroles qui (lui) collent aux basques », lui dont la flatteuse réputation dans le milieu artistique n'est pas totalement en rapport avec des ventes de disques satisfaisantes mais pas follement spectaculaires (50.000 exemplaires pour «Vers les lueurs», le dernier album).

«Tout va bien! Des gens me suivent, un public est à l'écoute de mes disques et les salles sont très bien remplies», assure le chanteur dont toute la discographie ressort également en vinyles. «Je fais tout pour arriver aux oreilles des gens, mais je ne ferai pas plus. Il y a des résistances...»