Saint-Nazaire: Relaxe pour un homme qui avait laissé un ami ivre reprendre le volant

JUSTICE Ivre, un automobiliste avait percuté une jeune femme près de Saint-Nazaire en avril 2012. Les deux étaient décédés dans le choc...  

20 Minutes avec AFP

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Strasbourg le 15 02 2011. Illustrations consommation d'alcool et des jeunes
Strasbourg le 15 02 2011. Illustrations consommation d'alcool et des jeunes — G. VARELA / 20 MINUTES

Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a relaxé mardi un homme de 38 ans qui était jugé pour «homicide involontaire» après avoir laissé conduire un ami ivre, à l'origine ensuite d'un accident mortel.

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2012, le prévenu s'était fait reconduire à son domicile par un ami avec qui il avait passé une partie de l'après-midi et la soirée à boire de l'alcool.

Le conducteur, quadragénaire, avait repris le volant, avec 2,31 grammes d'alcool dans le sang, et était décédé dans une collision frontale à Montoir-de-Bretagne aux alentours de 2h du matin, alors qu'il roulait à contresens sur une deux fois deux voies, causant également la mort d'une étudiante de 23 ans, originaire du Lot. Le passager du véhicule percuté avait quant à lui été gravement blessé.

«Pas en capacité (...) d'empêcher quoi que ce soit»

Lors de l'audience, le 20 janvier, la procureure de la République, Fabienne Bonnet, n'avait pas requis de peine à l'encontre du prévenu, au «comportement (...) moralement condamnable», mais qui n'avait pas commis «de faute caractérisée (...) au vu de la jurisprudence actuelle».

«Doit-on exiger de tout citoyen qui se retrouve seul un soir avec quelqu'un qui a bu et qui veut prendre le volant, qu'on est soi-même ivre, doit-on exiger de tout mettre en oeuvre, y compris à ses risques et périls, pour l'empêcher de conduire?» avait questionné la représentante du ministère public. «Mon client n'était pas en capacité, ni physique, ni morale, d'empêcher quoi que ce soit», étant ivre lui-même, avait plaidé l'avocate du prévenu, Me Miriem Azdem-Delaere.

Une première condamnation à Montpellier

Dans une affaire similaire, la cour d'appel de Montpellier a condamné le 5 février à 18 mois de prison avec sursis un homme qui avait laissé conduire un ami ivre, qui avait ensuite fauché et tué une étudiante de 18 ans, infirmant ainsi le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Montpellier, en mars 2014, de le condamner à douze mois de prison, dont six ferme.