Loire-Atlantique: Le frelon asiatique gagne du terrain, son piégeage fait polémique

ENVIRONNEMENT Les apiculteurs invitent la population à fabriquer dès maintenant des pièges pour ralentir la prolifération du frelon asiatique. Mais d'autres acteurs contestent formellement la méthode...

Frédéric Brenon

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Le piégeage des frelons asiatiques fait polémique.
Le piégeage des frelons asiatiques fait polémique. — F.Elsner / 20 Minutes

Après l’accalmie hivernale, le frelon asiatique refait parler de lui en Loire-Atlantique. Depuis quelques jours, cet insecte tueur d’abeilles est en effet de nouveau observé dans les jardins. Inquiets par sa prolifération extrêmement rapide depuis cinq ans, les apiculteurs appellent donc sans attendre à «la mobilisation générale».

Pour eux, pas de doute, le meilleur moyen de «freiner son développement» est de le piéger. Ils invitent donc la population à créer des pièges artisanaux à partir d’une bouteille de plastique, du sirop et de la bière. De nombreuses communes relaient également cet appel sur leurs sites Internet ou magazines municipaux.

Les bienfaits du piège

«Il faut piéger maintenant, et jusqu'au 1er mai, car c’est le moment où les fondatrices sortent pour créer de nouvelles colonies, insiste l'union des apiculteurs de Loire-Atlantique (Unapla). Chaque frelon piégé à cette époque, c’est potentiellement un nid en moins. La seule destruction des nids s’avère en effet largement insuffisante puisque la plupart des nids sont découverts trop tard, lorsque les feuilles tombent.»

Préjudiciable pour la biodiversité

Pourtant, le piégeage ne fait pas l’unanimité. Plusieurs scientifiques ont fait savoir qu’un piège serait nocif à la biodiversité. La FDGDON, l’organisme départemental chargé de la surveillance et de la lutte contre les espèces nuisibles, est du même avis. «Ce n'est pas une lubie. Nous relayons une directive du ministère de l'Agriculture, argumente Marc Pondaven, directeur de la FDGDON 44. Bien sûr, je comprends le désarroi des apiculteurs face à un problème complexe. Mais il faut bien comprendre qu'il n'existe pas de piège sélectif. Ce n'est pas aussi simple. Le piège va certes attraper des frelons, mais il va aussi capturer des papillons, des mouches, des bourdons, des guêpes... Ça pourrait être plus préjudiciable encore pour la biodiversité.»

«On ne peut pas rester sans agir»

«Il est stupéfiant de constater que la FDGDON incite délibérément nos concitoyens à laisser ce ravageur proliférer, s'agace Joël Brochard, président de l'Unapla. Les frelons sont les premiers à sortir. Jusqu'au 1er mai, il y a très peu de risque de piéger d'autres insectes. Nous ne sommes pas des destructeurs quand même. Faut-il rappeler que les ravages du frelon asiatiques sur les abeilles ont été sans précédent en 2014? Des dizaines de ruches ont été décimées. On ne peut pas rester sans agir.»

Pas moins de 1400 nids repérés en 2014

Le frelon asiatique est apparu pour la première fois en 2010 en Loire-Atlantique. Sept nids avaient alors été recensés. En 2013, 822 nids avaient été comptabilisés. Puis environ 1400 l'an dernier. Le nombre de nids non repérés, car dissimulés par de la végétation, serait équivalent.

Un numéro de téléphone dédié

Une ligne téléphonique dédiée a été ouverte pour tous signalements de nids de frelons aistiques ou demandes de renseignements : 02 40 36 87 79.