Les « cols bleus » d'Airbus reconduisent la grève

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Le ton monte. Cinq jours après un mouvement de grève spontanée dans les usines Airbus de Nantes et Saint-Nazaire, les salariés, pour l'essentiel des « cols bleus », ont remis ça hier. Un millier d'ouvriers sur les deux sites de Saint-Nazaire (Ville et Gron), pratiquement autant à Nantes, ont cessé le travail dès le matin et voté une grève reconduite aujourd'hui. Ils entendent ainsi protester contre le versement d'une prime de participation annuelle de 2,80 € à 10 € en moyenne par salarié, contre 1 200 € à 3 000 € l'an dernier.

« Quand on voit que Forgeard [ancien président exécutif d'EADS] est parti avec des millions, cette prime ridicule est ressentie comme de la provocation. La productivité ne cesse d'augmenter, on attend un juste retour de notre travail », explique Patrick, salarié depuis dix-sept ans à Airbus-Nantes. « On sentait depuis plusieurs jours qu'il allait se passer quelque chose, commente Patrice Bernard, délégué CGT. L'action est prise en main par les salariés. Elle traduit l'accumulation d'un ras-le-bol car ils voient que, plus on leur en demande, moins ils sont récompensés. Tous ont en travers de la gorge le plan Power 8. »