Nantes: Un manifestant porte plainte contre la police pour insultes homophobes

SOCIETE Un militant homosexuel nantais prétend avoir été humilié par un groupe de policiers à l'issue de la manifestation «contre la répression policière» samedi en centre-ville...

Frédéric Brenon
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Près de 1.500 personnes s'étaient  rassemblées samedi dernier en centre-ville de Nantes. /GEORGE GOBET
Près de 1.500 personnes s'étaient rassemblées samedi dernier en centre-ville de Nantes. /GEORGE GOBET — AFP

Un Nantais de 24 ans a déposé plainte contre la police nationale, lundi, pour «violence par personne dépositaire de l’autorité́ publique et injures discriminantes envers une orientation sexuelle».

Thomas, membre du collectif QueerFarnaüM défendant notamment la cause des femmes et personnes homosexuelles, prétend avoir été victime d'insultes homophobes de la part de plusieurs fonctionnaires de police en uniforme, lors d'un contrôle à l'issue de la manifestation «contre la répression policière», samedi dernier en centre-ville de Nantes, à laquelle il avait participé.

«Vous êtes dégueulasses!»

«On lui a vidé́ son sac à̀ dos par terre. Un des policiers est tombé sur un guide sur le consentement homosexuel qui était dans le sac à dos, raconte le collectif QueerFarnaüM. Il l’a montré à notre ami en souriant : "un peu osé comme littérature, non?" Suivi de: "Vous êtes dégueulasses!". Tout de suite après, on lui a demandé où il se rendait, ce à quoi il a répondu qu’il allait chez son compagnon. Réponse d’un policier: "vous allez vous reproduire?".»

Le collectif, qui évoque un «moment de violence et d'humiliation», avance également que Thomas se serait vu confisquer un mégaphone, un masque de ski, des médicaments. Un policier lui aurait aussi «piétiné» ses disques et «déchiré» ses pancartes.

Une enquête a été ouverte

«Nous devons une fois de plus rappeler que l’homophobie n’est pas une opinion mais un délit, et les représentants de l’ordre ne sont pas au-dessus des lois», dénonce Queer FarnaüM.

La plainte a été transmise au parquet de Nantes. Une enquête est en cours. «L'affaire est prise au sérieux, rapporte Jean-Christophe Bertrand, le directeur départemental de la sécurité publique. Si la nature de ces propos devait être confirmée, ils devront évidemment être sanctionnés.»

Une tentative de manipulation?

Le patron de la police indique tout de même être intrigué par plusieurs éléments, notamment le fait que le manifestant dit avoir reçu un coup de pied d'un policier mais «n'est pas allé faire établir un certificat médical au service de médecine légale comme il y avait été invité». «Je m'interroge sur la possibilité d'une tentative de manipulation», confie Jean-Christophe Bertrand.

La manifestation de samedi avait été émaillée par des heurts avec les forces de l'ordre. Une quinzaine de policiers avaient été blessés par des jets de projectiles. Plusieurs manifestants ont déjà été condamnés.