Nantes: Prison ferme pour trois manifestants qui avaient jeté des projectiles sur la police

JUSTICE Trois hommes ayant participé à la manifestation «contre la répression policière» samedi à Nantes ont été condamnés à des peines de prison ferme ce lundi...

Frédéric Brenon
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Des manifestants casqués et équipés de boucliers lors du rassemblement «contre la répression policière samedi à Nantes. SALOM-GOMIS/SIPA/1502212001
Des manifestants casqués et équipés de boucliers lors du rassemblement «contre la répression policière samedi à Nantes. SALOM-GOMIS/SIPA/1502212001 — SIPA

Trois manifestants ayant participé à la manifestation «contre la répression policière» qui avait été émaillée de heurts, samedi après-midi, en centre-ville de Nantes, ont été condamnés ce lundi à des peines de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nantes.

Il croyait lutter contre le projet d'aéroport

Le plus puni des trois est un Guingampais de 27 ans, installé sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes depuis un mois. Déjà condamné par le passé pour des faits de violences, il a écopé de six mois de prison, dont trois avec sursis. Il lui était reproché des jets de divers projectiles (cannettes, pierres) en état d'ivresse. Le jeune homme, qui voulait «adresser un message au gouvernement», croyait participer à une «manifestation contre l'aéroport». Il est interdit de paraître en Loire-Atlantique pendant deux ans.

«Je me suis fait déborder par l'effet de groupe»

Un Francilien de 22 ans, inconnu des services de police avant samedi, a également été condamné à deux mois de prison ferme et quatre mois avec sursis pour des jets de pierres sur policiers en uniforme, sans blessure, suivis de rébellion. Désormais interdit de séjour en Lore-Atlantique pendant trois ans, il était venu rejoindre des amis, «sans savoir que cette manifestation était interdite». «Je n'ai pas réfléchi. Je me suis fait déborder par l'effet de groupe», regrette-t-il. Sa colère serait montée après avoir été atteint à la cuisse par un projectile, alors qu'il défilait dans le cortège.

Il croyait participer à une manif pour les agents de la TAN

Le troisième manifestant sanctionné ce lundi est un Nantais de 23 ans. Le tribunal l'a condamné à deux mois de prison ferme et quatre mois avec sursis pour avoir lancé des bouteilles sur un groupe de CRS, sans les blesser. Déjà connu de la justice, il se décrit comme un «solitaire» ne «faisant pas partie de la ZAD ni d'un groupe anarchiste». Ce samedi, il croyait participer à une «manifestation contre les violences faites aux agents de la Semitan».

Quatre autres interpellés pourraient comparaître mardi en comparution immédiate à la demande du parquet. Un mineur interpellé samedi sera par ailleurs convoqué devant le juge des enfants.

Une quinzaine de policiers auraient été blessés au cours de la manifestation de samedi, deux ayant été hospitalisés. Quelques abribus et panneaux publicitaires ont été fracturés. Une vingtaine de tags hostiles à la police ont également été peints sur les murs.