Nantes: Demande de procès à l'encontre des islamistes de Forsane Alizza

JUSTICE Le parquet de Paris demande le jugement de 15 membres du groupuscule islamiste Forsane Alizza, dont le leader est originaire de la région nantaise...

F.B. avec AFP
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Mohamed Achamlane, leader du groupe Forsane Alizza, arrêté le 30 mars 2012 à son domicile de Bouguenais.
Mohamed Achamlane, leader du groupe Forsane Alizza, arrêté le 30 mars 2012 à son domicile de Bouguenais. — Jean-Sebastien Evrard afp.com

Le parquet de Paris a requis le renvoi en procès de 15 personnes dans l'enquête sur le groupuscule islamiste radical Forsane Alizza, dont son leader, le Bouguenaisien Mohamed Achamlane.

Le parquet considère que ces 15 personnes, dont la plupart avaient été arrêtées fin mars 2012, doivent être renvoyées au tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et pour trois d'entre elles, dont Achamlane, pour acquisition et détention d'armes.

Le groupe, 14 hommes et une femme, est soupçonné d'avoir cherché des cibles potentielles. Il appartient désormais aux juges d'instruction d'ordonner un éventuel procès.

Arrestations dans la région nantaise

Forsane Alizza («Les Cavaliers de la fiert ») avait été dissous par un décret du gouvernement le 1er mars 2012. Le groupe était accusé d'appeler à l'application de la charia en France et de préparer ses membres au combat et à la lutte armée. Le décret évoquait aussi la «pratique d'entraînements au combat au corps à corps et à la prise d'otages».

«Pure calomnie» et «diffamation» avait rétorqué Mohamed Achamlane, même si sur son site internet, Forsane Alizza disait chercher «des soldats».

Un mois plus tard, le 30 mars, dix-neuf interpellations étaient conduites dans toute la France, notamment dans la région nantaise. Parmi elles, le leader de Forsane Alizza était arrêté à son domicile à Bouguenais, de même qu'un autre suspect résidant à Couëron.

Des armes retrouvées chez lui à Bouguenais

L'opération avait eu lieu peu après les tueries de Mohamed Merah entre le 11 et le 19 mars, contre trois militaires à Toulouse et Montauban, puis contre un enseignant et trois enfants dans une école juive à Toulouse.

Mohamed Achamlane a toujours nié un quelconque projet terroriste. Trois fusils d'assaut de type kalachnikov avaient été découverts chez lui, ainsi qu'une dizaine de revolvers ou de pistolets automatiques ou semi-automatiques. D'autres armes (fusils, carabines, revolvers, pistolets automatiques) avaient également été saisies lors des premières perquisitions chez des suspects.

Parmi les éléments retenus contre certains mis en examen, dont Achamlane, figurait le projet d'enlèvement du magistrat lyonnais Albert Lévy. Mais ce projet en était resté au stade «intellectuel» et n'avait fait l'objet d'«aucun commencement d'exécution», avait précisé le procureur de Paris lors des premières mises en examen.