Christine and the Queens: «Le succès est quelque chose de très mystérieux»

INTERVIEW La jeune nantaise a été désignée comme artiste féminine de l'année lors des Victoires de la musique, vendredi...

Propos recueillis par Julie Urbach

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Heloïse Letissier, alias Christine and the Queens /NIVIERE_033NIV/Credit:NIVIERE/SIPA/1502140435
Heloïse Letissier, alias Christine and the Queens /NIVIERE_033NIV/Credit:NIVIERE/SIPA/1502140435 — SIPA

Nommée cinq fois lors des Victoires de la musique 2015, Christine and the Queens a remporté deux prix, vendredi soir. La Nantaise de 26 ans a notamment été sacrée artiste féminine de l'année, l'une des récompenses les plus prestigieuses.

Vous étiez très émue lors de la soirée des Victoires, ça va mieux?

Je le suis toujours autant et vraiment surprise. Cinq nominations, c’était déjà énorme, je n’avais pas vraiment fait de pronostics. J’ai reçu deux prix qui m’ont beaucoup touchée: un pour mon clip Saint-Claude, qui me tenait à cœur, et celui de l’interprète féminine de l’année, ce qui est impressionnant pour un premier album. C’était la deuxième fois pour moi aux Victoires, mais j’étais toujours dans des problématiques de toute jeune interprète: assurer mes deux prestations et défendre mon personnage. Je ne suis pas tombée, je n’ai pas eu de crise d’épilepsie en direct, donc tout va bien (rires). Et il y a eu ces deux beaux prix.

Il y a un an, on vous découvrait tout juste… Aujourd’hui, vous avez vendu 250.000 albums. Comment expliquer ce succès?

Je ne suis pas la mieux placée pour le comprendre, le succès est quelque chose de très mystérieux. Pour une certaine raison, j’ai touché les gens avec cet album, ce que j’espérais, mais ce que je ne pouvais pas prévoir. Mon album n’était pas commercial, pas spécialement efficace, et je l'ai fait sans compromis. Je n’en suis qu’au début: je vois tout ce qui m’arrive comme un encouragement…

La suite, c’est quoi justement ?

J’ai commencé une tournée qui va m’emmener sur les routes jusqu’en septembre prochain, avec plusieurs Zénith. Ça va être un cap important, car on n’envisage pas un Zénith comme une salle de 200 personnes. Mais je ne vais pas sortir les feux d’artifice et les projecteurs: j’ai plutôt envie de réfléchir à comment faire un spectacle chaleureux, ne pas être la petite nénette perdue sur la scène au loin… J’ai aussi déjà recommencé à écrire des chansons et lorsque j’en aurais assez de bonnes je rerentrerai en studio, peut-être en 2016, mais c’est un long processus qui demande de la maturation. En attendant il va y avoir de l’export. Je ne sais pas du tout ce que ça va donner, mais mon album va être vendu aux Etats-Unis!

Vous avez grandi à Saint-Sébastien, près de Nantes, et vos parents y habitent toujours. Y revenez-vous souvent?

Pas aussi souvent que je le voudrais! J’arrivais à rentrer pour des week-ends mais je n’ai plus vraiment le temps… La prochaine fois que j’y retourne, c’est pour un concert [le 27 mars], au Lieu unique, donc mes parents vont acheter des places, j’imagine (rires). Désormais, les réunions de famille se passent en concerts… En même temps, ça veut dire qu’il se passe plein de choses pour moi.

En tout cas, les habitants et institutions vous soutiennent beaucoup, à en voir les réseaux sociaux. Même Jean-Marc Ayrault a posté un tweet à votre attention…

J’ai vu des messages passer, mais je ne savais pas pour Jean-Marc Ayrault ! C’est toujours assez mignon de savoir qu’on est soutenu par sa ville d’origine, surtout quand il y a ce genre de cérémonies qui encourage une certaine solidarité. Jean-Marc Ayrault, qui a d’ailleurs fait de belles choses à Nantes pour la culture, c’est mignon aussi. C’est de la solidarité de Nantais à Nantais!