Nantes: Les anti-aéroports défendent Notre-Dame-des-Landes avec des arbres

Projet d'aéroport Les opposants continuent d'occuper le terrain...

David Prochasson

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Une trentaine de militants opposés au projet d'aéroport ont planté mardi quelque 200 arbres pour recréer des haies sur 24 hectares de parcelles agricoles. Lancer le diaporama
Une trentaine de militants opposés au projet d'aéroport ont planté mardi quelque 200 arbres pour recréer des haies sur 24 hectares de parcelles agricoles. — D. Prochasson / 20 Minutes

«Nous plantons, ils se plantent.» C’est habitée par cette conviction qu’une trentaine d’opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes –venus parfois de loin, comme ce Finistérien présent pour la première fois sur le site-, a recréé ce mardi un kilomètre de haies dans des champs détenus par AGO (Aéroport du Grand Ouest). «On occupe le terrain, explique, bêche en main, un retraité de Lorient. Et on montre qu’on tient au bocage en l’entretenant et en le restaurant.»

Préserver la biodiversité

Des chênes, du houx, des saules: au total, quelque 200 arbres ont été replantés au cœur de la ZAD, sur des parcelles attenantes à la départementale 281. Des arbres disparus depuis une ou deux décennies. «On voit encore la trace des anciennes haies, arrachées par des agriculteurs qui avaient la folie des grandes parcelles», montre Jean-Baptiste, paysan à La Chapelle-sur-Erdre. Ces haies ont pour fonction de recréer la vie animale et végétale sur le site. «Elles coupent du vent et protègent les élevages comme les cultures, explique Dominique Fresneau, président de l’Acipa, la principale association d’opposants. Les études le montrent: en plus de préserver la biodiversité, le bocage est rentable pour l’agriculture! Ce qu’on perd en bordure des champs, on le gagne au milieu.»

«Effervescence agricole»

Ce n’est pas la première fois que les militants anti-aéroport occupent le terrain. L’an dernier, déjà, des haies avaient été replantées. Au printemps, des semis seront réalisés comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises. Selon l’Acipa, la quasi-totalité des 1.650 hectares de la zone d’aménagement différé (ZAD) est exploitée: 600 hectares par des paysans en lutte installés dans la zone, 200 gérés de manière collective, le reste appartenant à des paysans dont le siège se situe en dehors de la zone. «Il y a une effervescence agricole autour d’un mouvement collectif de maintien des espaces naturels, qui permet de nous inscrire sur le long terme», abonde un occupant de la ZAD.

Conforté par l’avis défavorable au projet émis le 2 février par le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité –instance consultative auprès du ministère de l’Ecologie-, les opposants attendent désormais que les juges du tribunal administratif de Nantes se prononcent sur les recours environnementaux.