Nantes: Après les suicides en prison, un appel à se rassembler ce mardi

SOCIETE Le Genepi appelle le public à se rassembler mardi, à 16h30, devant la maison d'arrêt, pour dénoncer les trois suicides de détenus dans les prisons nantaises depuis la fin janvier...

Frédéric Brenon

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Devant la maison d'arrêt de Nantes-Carquefou.
Devant la maison d'arrêt de Nantes-Carquefou. — S.Salom-Gomis / SIPA

Le Genepi appelle le grand public à se rassembler mardi, à 16h30, devant la maison d'arrêt de Nantes-Carquefou. L'association étudiante militant et agissant contre l'isolement carcéral entend ainsi réagir après le suicide d'une femme de 45 ans, le 1er février, à la maison d'arrêt de Nantes. Il s'agissait du troisième suicide de détenus survenu en dix jours à la maison d'arrêt et au centre de détention de Nantes, et du dixième dans la maison d'arrêt depuis son ouverture en juin 2012.

«De tels actes de désespoir devraient nous alarmer»

«Cela s'est passé en prison et, comme bien d'autres, cet acte n'intéresse pas le grand public, estime le Genepi. De tels actes de désespoir devraient pourtant nous alarmer. Il n'est pas normal qu'une institution républicaine provoque la mort avec une telle régularité mécanique. Il n'est pas normal qu'elle crée des conditions de vie où l'idée du suicide germe plus naturellement que partout ailleurs, ni que les mesures prises pour lutter contre ce problème se bornent à une surveillance constante plutôt qu'à un changement nécessaire des conditions de vie de la personne concernée.»

Par ce rassemblement, le Genepi tient aussi à exprimer une «solidarité» aux personnes détenues et à leurs familles «face à un système de plus en plus répressif, destructeur et vain».

Grève des visites et activités

En désaccord avec l'administration pénitentiaire, sur le contenu des activités proposées notamment, les bénévoles du Genepi Nantes ont décidé d'interrompre depuis le 1er janvier 2015 leurs actions et visites organisées habituellement à l'intérieur du centre de détention et de la maison d'arrêt.

«On veut se mettre autour de la table pour retrouver des relations saines et cordiales avec l'administration pénitentiaire. Nous souhaitons pouvoir intervenir correctement en détention. Une activité en moins, c'est un contact en moins pour un détenu», explique le Genepi.