Loire-Atlantique: A quoi servent les dons récoltés par la Ligue contre le cancer

SANTE La Ligue contre le cancer a récolté près d'1,8 million d'euros de dons en 2014 en Loire-Atlantique. L'essentiel finance la recherche, notamment des équipes nantaises...

Frédéric Brenon

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Travail de laboratoire à l'Institut de recherche en santé de l'université de Nantes (ISRUN).
Travail de laboratoire à l'Institut de recherche en santé de l'université de Nantes (ISRUN). — F. Brenon / 20 Minutes

C’est un acteur majeur de la lutte contre le cancer, dont c’est la journée mondiale ce mercredi. En 2014, la Ligue contre le cancer a récolté près d’1,8 millions d’euros de dons en Loire-Atlantique. Un chiffre stable, malgré une légère baisse des donateurs (15.000 donateurs l’an passé).

Un legs exceptionnel de 600.000 euros

«Cette baisse, probablement liée à la crise, a été compensée par des dons plus généreux», explique Marc Grégoire, président du comité 44 de la Ligue contre le cancer. Il faut dire que la part des legs et assurances-vie a nettement progressé en 2014, à la faveur, notamment, d’un legs exceptionnel de 600.000 euros. «Cette forme de dons est très aléatoire. C’est pour ça qu’on se sent un peu sur la corde raide», confie Marc Grégoire.

Au final, le don moyen s’élève à 68 euros en Loire-Atlantique, soit plus que la moyenne nationale. «Cela s'explique aussi par un comité départemental hyperdynamique. Nos 7 salariés et nos 200 bénévoles sont sur tous les fronts», considère Marc Grégoire.

L'essentiel va à la recherche

Mais à quoi est utilisé cet argent? Près d’un tiers des dons sert aux services aux malades, 12% sont affectés à la prévention et au dépistage. La Ligue soutient également des actions de formation et le Registre des cancers, qui comptabilise les nouveaux cas de cancer.

Mais l’essentiel des dons (près de 600.000 euros) profite à la recherche contre la maladie. De la recherche fondamentale jusqu’au lit du patient. Des jeunes chercheurs nantais, des équipes du grand Ouest et des équipes d’excellence labellisées nationalement recevront ainsi en 2015 des bourses allant de 7.500 euros à 60.000 euros pour mener leurs travaux. «La recherche, c'est synonyme d'espoir. C'est la motivation principale des donateurs», rapporte Marc Grégoire.

Des travaux sur le cancer du mésothéliome

Basée à Nantes, l'équipe de Christophe Blanquart (unité mixte de recherche Inserm-CNRS) fait ainsi partie des 28 projets du Grand ouest financés par la Ligue en 2015. Ses travaux portent sur le cancer du mesothéliome, dont l'origine est souvent liée à l'exposition à l'amiante. Ils visent à «stimuler le système immunitaire», notamment par la diffuson dans le corps de molécules thérapeutiques (nanomédicaments). «L'apport de 10.000 euros de la Ligue a été précieux, indique Christophe Blanquart. Cela m'a permis de recevoir un étudiant-stagiaire rémunéré et d'acheter du matériel.»

«Même si c'est long, il faut y croire»

«Sans le financement de la Ligue, je n'aurais pas pu payer mes expériences et, par conséquent, pas pu effectuer ma thèse», confirme Audrey Lamora, doctorante en biologie santé à l'école de l'Inserm, dont le travail de recherche porte sur l'ostéosarcome, une tumeur osseuse rare. «Tous les progrès qui ont été faits ces dernières années ont commencé en laboratoire, souligne la jeune femme. La base de la médecine, c'est de comprendre le mécanisme de la maladie. Même si le temps de la recherche peut paraître long, il faut y croire.»