FC Nantes: «Rodelin? J'ai un sentiment de gâchis», regrette son ancien agent Olivier Thomas

FOOTBALL L'ancien Nantais, qui devrait être à la Beaujoire avec Lille samedi, déçoit beaucoup dans le Nord...

David Phelippeau, avec François Launay à Lille

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L'attaquant lillois Ronny Rodelin. Crédit : M. Libert / 20minutes (archives
L'attaquant lillois Ronny Rodelin. Crédit : M. Libert / 20minutes (archives — M.LIBERT/20MINUTES

A Lille, c’est presque devenu un joueur anonyme. Pourtant, lorsqu’il est arrivé dans le Nord à l’été 2011, Ronny Rodelin était considéré comme une petite pépite. Il venait d’inscrire  8 buts en 20 matchs toutes compétitions confondues avec le FC Nantes. Les éloges pleuvaient sur cet attaquant à l’allure dégingandée mais diablement efficace devant la cage. L’historique Frédéric Da Rocha, qui a pourtant fréquenté de nombreux talents durant toute sa carrière, s’était dit impressionné à l’entraînement par ce jeune joueur.

Des qualités d'attaquant énormes

Eté 2011 donc, Ronny Rodelin quitte Nantes et rejoint le champion de France en titre contre une indemnité proche de 1,5 million d’euros. «Il y avait d’autres clubs français sur lui, se souvient son ancien agent Olivier Thomas. Le coach de Fribourg aussi le suivait.» Il faut dire que le gamin, arrivé à 19 ans à la Jonelière en provenance de Rodez (N), impressionne. «Un jeu de tête énorme, pied droit, pied gauche, il allait vite compte tenu de sa taille (1, 92)», encense Gilles Favard, ancien conseiller du président Kita. Un jour, en L2, il inscrit un but venu d’ailleurs à Istres.

 

Son sens du but est flagrant mais le joueur est fragile physiquement. Il accumule les blessures mais s’accroche. Jusqu’à signer pour jouer la Ligue des champions avec le LOSC. La belle histoire sera finalement éphémère. Et pour cause: depuis quatre saisons, malgré quelques très bonnes prestations en 2013, Rodelin peine désormais à s’imposer. 5 buts en quatre saisons de L1. A ce jour, certains jeunes du club lui sont même passés devant. «Je ne vais pas trahir un secret. Dans la discussion que j’ai avec lui, je lui demande de la constance, de la présence, explique son coach René Girard. C’est un des garçons les plus doués techniquement de l’équipe. Ronny donne toujours l’impression d’être nonchalant mais il est comme ça. On ne le changera pas à ce niveau-là. Mais il peut nous apporter beaucoup plus dans la continuité de l’effort. Il doit franchir un cap.»

Une tendance à se laisser aller?

Olivier Thomas, son ancien conseiller: «Il est parti sur une autre planète. Ça me fait doucement rire car la raison qu’il m’a donnée pour justifier notre séparation c’est qu’il voulait franchir un palier. J'ai un sentiment de gâchis. J’ai un goût d’inachevé avec lui.» Gilles Favard est encore plus sévère mais il en vient à la même conclusion: «Le coach René Girard sait très bien que Ronny sait tout faire. Mais, il se prend pour un autre. C’est du gâchis. Il avait tout pour réussir mais il n’a pas compris les efforts qu’il fallait faire.» Pour Rodelin (25 ans), le changement doit intervenir maintenant.