Nantes: Prison avec sursis après le jet de farine et d'œufs sur la maison d'Ayrault

JUSTICE Six «Bonnets rouges» ont écopé d'amendes pour des dégradations commises en juin sur le domicile de l'ex-Premier ministre. Quatre d'entre eux sont condamnés à un mois de prison avec sursis...

Frédéric Brenon

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Des militants bretons membres du mouvement Bonnets rouges se sont rassemblés le 27 janvier devant le palais de justice de Nantes
Des militants bretons membres du mouvement Bonnets rouges se sont rassemblés le 27 janvier devant le palais de justice de Nantes — F. Brenon / 20 Minutes

Quatre militants bretons du mouvement «Bonnets rouges» ont été condamnés ce mardi à un mois de prison avec sursis après le jet de farine et d'œufs sur la maison de Jean-Marc Ayrault le 28 juin 2014.

Le tribunal correctionnel les a a sanctionné pour des ports d'armes prohibées (couteaux). Les quatre hommes, ainsi que deux autres militants, ont également écopé d'amendes, allant de 250 à 500 euros, pour des dégradations légères commises sur le domicile du député nantais et ex-Premier ministre.

«Tellement disproportionnées qu'il vaut mieux en rire»

«Ces sanctions démontrent l'injustice de la société. Elles sont tellement disproportionnées qu'il vaut mieux en rire», réagit Sébastien, l'un des quarante «Bonnets rouges» venus soutenir les prévenus devant le palais de justice de Nantes ce mardi.

«Ils ont profité du port d'armes, qui étaient de simples couteaux de famille mais qui n'avaient pas vocation à être utilisés, pour mettre du sursis et faire peur, estime Amélie Barrely, porte-parole des Bonnets rouges en Loire-Atlantique. On est tout de même soulagés que ce soit enfin terminé, après une procédure qui a duré huit mois pour une blague potache...»

Jean-Marc Ayrault n'avait pas porté plainte

Le 28 juin 2014, à l'issue d'une manifestation pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne à Nantes, les six militants bretons avaient jeté de la farine et des œufs sur le portail de la maison de Jean-Marc Ayrault en en scandant «Naoned e Breizh» (Nantes est breton). Un acte qui leur vaut désormais le surnom ironique de «Gang des crêpiers», donné par leur entourage.

«On considère que des œufs et de la farine, c'est loin d'être un acte très grave, estimait avant l'audience un des prévenus, Pierre Robcis. Ayrault lui-même l'a dit, en disant que ça partait avec la pluie, d'ailleurs il n'a même pas porté plainte. (...) Tout cela est uniquement politique.»