Maine-et-Loire: Une vingtaine de plaintes contre un trader qui aurait détourné des millions d'euros

FAITS DIVERS Un trader français basé à Hong-Kong est accusé d'escroquerie et d'abus de confiance auprès de ses relations dans le Maine-et-Loire...

F.B. avec AFP

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Illustration d'un trader à la bourse de New-York.
Illustration d'un trader à la bourse de New-York. — Richard Drew/AP/SIPA

La justice a reçu une vingtaine de plaintes pour escroquerie à l'encontre du gérant d'un fonds spéculatif basé à Hong Kong, accusé d'avoir détourné des millions d'euros auprès de ses relations dans le Maine-et-Loire, a-t-on appris mercredi auprès du parquet de Saumur.

Le procureur de la République, Carine Halley, a indiqué qu'une «vingtaine de plaintes» avaient été transmises, émanant de quatre cabinets d'avocats parisiens, pour des faits d'abus de confiance et d'escroquerie, portant dans l'immédiat sur environ «3 millions d'euros de préjudice».

Des placements avec rendements «garantis»

Ces plaintes visent Guillain Méjane, un trader originaire de Maine-et-Loire, basé aujourd'hui à Hong Kong, où il a fondé la société NFT Investment en 2011.

Guillain Méjane promettait principalement à des personnes de son entourage des placements sur des marchés spéculatifs avec des rendements garantis «de 5 à 8%», a indiqué Eric Morain, avocat de plusieurs plaignants, qui estime à près de 7 millions d'euros le montant total des sommes en jeu. Me Morain affirme avoir déposé la première plainte début décembre pour deux investisseurs qui se disent lésés à hauteur de 380.000 euros.

Dans un communiqué, un autre avocat, Me Paul Le Fèvre, qui dit défendre 17 plaignants, affirme que «des dizaines de millions d'euros» se sont envolés. Il exige que les biens de Guillain Méjane «soient saisis à titre conservatoire, afin qu'il ne puisse tenter d'organiser son insolvabilité».

Un handicap physique qui «le servait»

Guillain Méjane possède une maison au Guédeniau, un petit village de Maine-et-Loire situé à 50 km d'Angers. Selon «M», le magazine du Monde, le trader est né sans jambes et avec un seul bras et se déplace à l'aide de prothèses. «Son handicap physique le servait», a déclaré au magazine une de ses victimes.

L'enquête, qui en est au stade préliminaire, a été confiée à la division financière de la gendarmerie d'Angers, a précisé le procureur, ajoutant que «des pourparlers sont en cours» pour transmettre le dossier à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) à Rennes.