Nantes: «Je ne comprends pas comment on peut être tué à cause d'un dessin», regrette Igor Anic

INTERVIEW Le pivot de l'équipe de France de hand et du HBC Nantes est un passionné de dessin et de caricatures, il est très touché par le drame de «Charlie Hebdo»...

David Phelippeau
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Le pivot des Bleus Igor Anic.
Le pivot des Bleus Igor Anic. — Jens Dresling/AP/SIPA

Ce vendredi, à 18 h 15, le pivot Igor Anic va retrouver le Hall XXL du parc des expos de la Beaujoire, non pas avec le HBC Nantes mais avec l’équipe de France, laquelle affronte l’Algérie en match de préparation des championnats du monde (au Qatar à partir du 15 janvier). Ce jeudi matin, 20 minutes a rencontré le Nantais, qui nous a confié être plus touché que les autres encore par le massacre de «Charlie Hebdo»...

Actualité oblige, comment avez-vous appris la tragédie à Charlie Hebdo et comment a réagi le groupe?

On a très vite su l’information car on n’avait pas entraînement mercredi matin. Le groupe a été très choqué. Il y avait peu de mots. On voulait en discuter mais personne ne savait trop quoi dire. Moi, je suis encore plus choqué que les autres car je ne suis pas un grand dessinateur loin de là, mais j’aime faire des caricatures et dessiner. J’ai déjà eu l’occasion de faire des caricatures de collègues ou de personnes que je ne connais pas, je ne comprends pas comment on peut être tué à cause d'un dessin... Tout cela reste de l’humour, de l’art, une façon de s’exprimer. 

Depuis tout petit, vous dessinez?

Oui. C’est ma deuxième passion. Depuis trois ou quatre ans, je me suis mis à la caricature car c’est léger, ça prête à sourire. Avec ce drame, je veux rendre hommage - même si je ne suis personne pour eux - à ma façon à ces gens tombés pour leur art et leur passion. Je vais donc faire un dessin pour l’occasion, j’ai des croquis en tête.

Revenons au hand, vous êtes né en Bosnie. Vous auriez pu choisir cette sélection?

Je suis né là-bas mais je n’ai vécu qu’un an et demi là-bas... Je me sens Français mais je ne renie pas mes origines. Je n’oublie pas d’où je viens. Mais, c’est en France que j’ai grandi et que mon fils a grandi. Le choix de la sélection bosniaque ne s’est jamais posé car on ne m’a jamais demandé de faire ce choix. Mon objectif ultime a toujours été d’intégrer l’équipe de France A.

Ce vendredi contre l'Algérie (et samedi contre la Macédoine), vous allez jouer en Bleu devant votre public nantais...

Je suis le local de l’étape, c’est une fierté pour moi car je représente le club. Je pense aussi que c’est une fierté pour le HBC Nantes d'avoir un Bleu car ça montre le travail accompli par les dirigeants nantais depuis les 5 ou 6 dernières années. 

Trois joueurs seront obligés de quitter le groupe avant le début du Mondial. Avez-vous peur ?

Forcément. Je ne l’imagine pas, surtout quand on se donne à fond depuis le 26 décembre. J’ai envie de faire partie de cette aventure mais je pense que je ne suis pas le seul...