Nantes: Le cancer d'un docker reconnu par la justice comme maladie professionnelle

JUSTICE L'association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires espère que cette décision va faire jurisprudence...

20 Minutes avec AFP

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MONTOIR-DE-BRETAGNE, le 17/01/2011 Le port de Nantes St Nazaire
MONTOIR-DE-BRETAGNE, le 17/01/2011 Le port de Nantes St Nazaire — © Fabrice ELSNER

Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Nantes a reconnu vendredi le cancer d'un docker du port de Nantes-Saint-Nazaire, décédé en 2011 à l'âge de 56 ans, comme maladie professionnelle, a-t-on appris lundi.

Le tribunal a estimé que la multi-exposition aux poussières et à des produits toxiques et cancérigènes de Jean-Luc Chagnolleau, qui a débuté sa carrière de docker en 1975 et qui est décédé en septembre 2011 d'un cancer du rein et de la thyroïde, «a eu un rôle causal direct et essentiel dans la survenance de ses pathologies», selon son jugement.

La reconnaissance du cancer de Jean-Luc Chagnolleau comme maladie professionnelle est «une première dans la profession de docker. C'est une décision qui va faire jurisprudence», a déclaré Serge Doussin, président de l'Association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires.

Une avancée juridique

Le demandeur avait engagé une procédure en 2007 auprès de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique pour que soit reconnu son cancer comme maladie professionnelle. Après son décès, sa famille avait saisi le Tass.

«C'est toujours très compliqué de faire reconnaître des maladies professionnelles qui ne sont pas répertoriées dans les tableaux», a souligné Me Véronique Aubry, la représentante de la famille du docker, qui a salué «une avancée juridique» qui peut également «permettre de faire bouger les lignes sur d'autres places portuaires mondiales».

Santé préservée

«Maintenant qu'il y a une reconnaissance, notre souci c'est que la santé des dockers et portuaires soit préservée», a insisté Serge Doussin, selon lequel un «taux anormalement élevé de pathologies cancéreuses» a été constaté chez les dockers du port de Nantes-Saint-Nazaire.

L'association avait versé au dossier lors de l'audience une étude de juin 2014, réalisée notamment par des médecins du travail et des sociologues, qui fait le lien entre les produits toxiques contenus dans les marchandises chargées et déchargées par les dockers du port de Nantes-Saint-Nazaire, notamment des céréales traitées aux pesticides, ou des bois traités avec des fongicides, et les pathologies relevées chez les personnels du port.