Chez le marquis, ça papillonne

VOLIERE Le lieu est à la fois magique et fragile. Créée il y a plus de vingt ans par le marquis de Goulaine, la volière de papillons ...

S. Tranchant

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La volière aux 150 papillons, à Haute-Goulaine.
La volière aux 150 papillons, à Haute-Goulaine. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Le lieu est à la fois magique et fragile. Créée il y a plus de vingt ans par le marquis de Goulaine, la volière de papillons du château de Goulaine est à nouveau ouverte depuis le 25 mars. Ici, au milieu d'une flore soignée, cohabitent en continu 150 papillons équatoriaux importés du monde entier. Porte-queues de Malaisie, morphos du Brésil, attacus de Formose, ou encore argema mitrei de Madagascar, la volière de 150 m2 réunit au total une trentaine d'espèces différentes. Chaque année, entre mars et novembre, vingt mille touristes leur rendent visite.Après quelques tâtonnements, le système est aujourd'hui bien rodé. « Toutes les semaines, je commande mes papillons comme je commande un bouquet chez le fleuriste, sourit Robert de Goulaine. Cueillies chaque vendredi dans des élevages dispersés aux quatre coins de la planète, les chrysalides me sont adressées le mardi matin par des grossistes britanniques via colis express. Dans cet état, les papillons sont comme momifiés. Leur carapace les rend moins fragiles. Ils supportent le voyage sans problème. »Le marquis - qui a tout appris auprès d'un éleveur de papillons de Guer­nesey - change de compagnie à sa guise et cela l'amuse. « En fonction des livraisons, la volière bouleverse sa dominante de couleur. Du rose, on passe au blanc puis au jaune. Je ne m'en lasse pas », confie le châtelain, qui a essaimé en vingt ans une quinzaine de volières à travers l'Europe. « Au fil des ans, je suis devenu un dompteur de papillons, j'ai su me faire accepter des plantes, j'ai appris à les soigner naturellement. » Pour préserver ses hôtes volants, ce jardinier passionné n'utilise ni engrais ni pesticide. « J'ai introduit dans la volière des insectes qui mangent les insectes qui se nourrissent des plantes. Et trois cailles de Chine se chargent de nettoyer le sol. » Un microcosme choyé et bichonné. Un vrai petit coin de paradis.