Nantes: Dix heures de danse en plus de l'école, le quotidien intense des élèves du conservatoire

EDUCATION Toute la semaine, le conservatoire ouvre les portes de ses cours de danse. L'occasion de découvrir l'univers de ses jeunes élèves inscrits en classes à horaires aménagés...  

Julie Urbach

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Les élèves suivent des cours de danse classique mais aussi de danse contemporaine
Les élèves suivent des cours de danse classique mais aussi de danse contemporaine — Conservatoire de Nantes

Pendant que leurs camarades du même âge planchent sur le théorème de Pythagore, ce lundi après-midi, elles peaufinent leurs gestes, vêtues de justaucorps. Elles, ce sont des élèves de 4e et 3e scolarisées en classe à horaires aménagés en danse (CHAD).

Comme une cinquantaine de jeunes gens à Nantes, elles suivent un parcours scolaire atypique, en lien avec le conservatoire: à un cursus scolaire classique, avec aménagement d'horaire mais sans aucun allégement des programmes, s’ajoutent une dizaine d’heures de danse par semaine. Des cours que le public peut découvrir cette semaine, à l’occasion des portes ouvertes du conservatoire.

Culture chorégraphique, classique et contemporain

«Nos journées sont calées à la minute près !», raconte Sofia, 14 ans, qui se coiffe en vue d’une séance de danse classique. Après une matinée au collège Victor-Hugo (établissement qui héberge les CHAD avec le lycée de l’île de Nantes), son après-midi a commencé avec un cours de culture chorégraphique. Il se terminera à 18h30, après plus d’1h30 de danse contemporaine.

«Les enfants que nous sélectionnons ont une vraie endurance psychologique et physique, explique Viviane Serry, directrice du conservatoire. Ils ont le sens de l’effort et en général, ce sont de très bons élèves.»

Fatiguées mais toujours souriantes

Dans les vestiaires, on reconnaît que l’investissement est parfois difficile à gérer. Souvent internes (certaines viennent de loin), les demoiselles parlent de la fatigue, de la pression des examens, mais sans jamais perdre leur sourire. 

«Des fois, on a envie d’avoir plus de temps pour nous, d’être un peu normales…, lâche l’une d’entre elles. Mais dès que l’on retrouve l’ambiance des vestiaires et les copines, on se dit qu’on a de la chance de pouvoir pratiquer notre passion tous les jours. Je ne sais pas comment font les autres pour rester assis toute la journée sur une chaise!»

Lucides, elles savent aussi que percer dans un milieu de la danse, où les places sont chères, ne sera pas donné à tout le monde. «Tous ne deviendront pas des professionnels. Certains intégreront des compagnies, d’autres vont se tourner vers l’enseignement, la recherche. On trouvera aussi des kinés, des journalistes spécialisés…», prévient Viviane Serry.

La musique aussi

Les classes à horaires aménagés existent également pour les musiciens (CHAM). Comme pour les CHAD, la sélection des élèves s’effectue au printemps, sur concours et entretien.