FC Nantes: «Un joueur de futsal, on n'aura pas grand chose à lui apprendre techniquement et tactiquement», explique Matthieu Bideau

FOOTBALL A la Jonelière, on garde un oeil de plus en plus attentif sur les joueurs de futsal, dont le Toulousain Wissam Ben Yedder est issu...

David Phelippeau

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L'attaquant toulousain Wissam Ben Yedder.

/Credit:LANCELOT FREDERIC/SIPA/1411090451
L'attaquant toulousain Wissam Ben Yedder. /Credit:LANCELOT FREDERIC/SIPA/1411090451 — SIPA

Ce mardi soir (19 h), à la Beaujoire, le FC Nantes accueille Toulouse. Dans les rangs du club toulousain, Wissam Ben Yedder, le deuxième meilleur buteur de Ligue 1 (7 buts). La trajectoire du Franco-Tunisien de 24 ans n’est pas banale car son talent a été repéré non pas sur des pelouses mais sur des parquets de futsal (Garges, D1)...

Alors que beaucoup de joueurs de haut niveau en Espagne ou au Brésil sont issus de cette discipline, en France, ils sont une minorité. Le défenseur actuel du Havre (L2) Moussa Sao et l’ancien attaquant de L1 Youssef El Arabi sont les plus connus.

Deux joueurs de futsal à l'essai, un à venir

Ces dernières semaines, le FC Nantes a mis deux joueurs de futsal à l’essai : Reda Rabei (Douai, D1) et Moktar Keita (Nantes Bela, D2). Un troisième pourrait aussi poser ses valises très bientôt. «Un garçon qui joue en D1 ou D2 au futsal, on sait très bien que techniquement et tactiquement, on n'aura pas grand chose à lui apprendre, explique Matthieu Bideau, le responsable du recrutement des jeunes au FCN. On peut très bien tomber sur un produit fini.» Mathias Juvé, président du Futsal club de l’Erdre (D1), n’est pas étonné que le foot traditionnel s’intéresse de plus en plus au futsal.

Des manques physiques ?

«J’étais davantage surpris quand le foot à 11 ne s’y intéressait pas du tout, estime celui qui a rencontré plusieurs fois le président du FCN Waldemar Kita pour que le FC Erdre devienne une section au sein même du FC Nantes. Il n’empêche qu’en France, on cloisonne les deux disciplines. En Espagne, par exemple, le futsal fait partie de la formation du footballeur.»

Les qualités d’un joueur de futsal suffisent-elles pour devenir un bon joueur de foot traditionnel? Au regard des essais de Rabei et Keita, Bideau est encore sceptique: «Le problème quand on reçoit des garçons qui font du futsal est qu’ils n’aiment pas le contact et n’arrivent pas à répéter les courses sur des longues distances. Au futsal, les efforts sont plus courts et plus intenses, ce n’est pas comme au foot en herbe.» 

Ben Yedder a mis du temps à convaincre

Le recruteur nantais n'a pas oublié non plus l'attitude de Reda Rabei, joueur de futsal à Douai, lors de son test à la Jonelière il y a quelques semaines: «Lors d'une opposition, il est tombé deux fois de suite en implorant le coach de siffler faute alors qu'il n'y avait rien...» Mathias Juvé n’est pas d’accord et lutte contre ces clichés: «C’est caricatural de dire ça. C’est faux de dire qu’il n’y a pas de tacles et de contacts dans notre discipline. La plupart des joueurs qui évoluent au plus haut niveau au futsal, ont au moins le niveau pour jouer entre la DH et le National.» 

Ainsi, Ben Yedder, quand il est arrivé à Toulouse en 2010, n’a pas convaincu d’emblée. Le Téfécé a même songé à le prêter à Luzenac (National). Il a bien fait de s’abstenir car en deux saisons et demi, l'ancien joueur de futsal a inscrit 38 buts!