Quelques incidents à Nantes lors de la manifestation contre les «violences policières»

MANIFESTATION Des incidents qui étaient toutefois sans commune mesure avec ceux qui se sont produits le 1er novembre lors d'une manifestation similaire...

M.G avec AFP

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Plus d'un millier de personnes ont commencé à se mesurer aux forces de l'ordre lors d'un défilé non autorisé contre les «violences policières et judiciaires», le 22 novembre 2014 à Nantes.
Plus d'un millier de personnes ont commencé à se mesurer aux forces de l'ordre lors d'un défilé non autorisé contre les «violences policières et judiciaires», le 22 novembre 2014 à Nantes. — GEORGES GOBET / AFP

Plus d'un millier de personnes ont commencé à se mesurer, ce samedi à Nantes, aux forces de l'ordre lors d'un défilé non autorisé contre les «violences policières et judiciaires», quatre semaines après la mort de l'écologiste Rémi Fraisse, tué le 26 octobre dans le Tarn par une grenade offensive.

Environ deux heures après le début du rassemblement, les quelque 1.200 manifestants, selon la préfecture de Loire-Atlantique, étaient bloqués par les forces de l'ordre devant la préfecture, vers lesquelles ils jetaient des projectiles, alors que ces dernières faisaient usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Ces incidents étaient toutefois sans commune mesure avec ceux qui se sont produits le 1er novembre lors d'une manifestation similaire.

Brandissant des pancartes, sur lesquelles on peut lire notamment «Désarmons la police», les manifestants répondent à un appel à «reprendre la rue», lancé par des comités opposés au projet d'aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes et des collectifs anti-répression, avant la mort de Rémi Fraisse sur le site du projet du barrage contesté de Sivens. Sur les banderoles est écrit: «Tout.e.s. Terroriste.s?» ou encore «26 octobre, mort de Rémi Fraisse. Ni oubli, ni répit!».

Très important dispositif policier

Les organisateurs entendent «dénoncer la répression», à la suite d'une manifestation d'opposants à l'aéroport, la plus importante contre le projet, le 22 février dernier à Nantes, lors de laquelle trois manifestants ont perdu l'usage d'un oeil. Ils demandent aux participants à cette mobilisation de déposer des lettres «d'auto-dénonciation» au procureur de la République en «solidarité avec les personnes condamnées» à de la prison ferme.

Un très important dispositif policier est déployé, trois semaines après la précédente manifestation qui s'est soldée par plusieurs blessés du côté des forces de l'ordre comme des manifestants, et une vingtaine d'interpellations.

La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a demandé vendredi au préfet «de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher tout débordement et toute dégradation». Les élus écologistes nantais n'ont pas appelé à manifester, estimant que «les conditions d'un déroulement paisible ne semblaient pas réunies».

«Manifester notre colère»

Des militants anti-aéroport ont appelé à se vêtir en blanc pour «rendre visible (leur) choix de la non-violence». «Nous, on pense que la non-violence n'est pas un outil d'impuissance, de trouille ou de traîtrise, mais un outil pour la lutte», a déclaré Geneviève Coiffard, militante d'Attac.

«On peut manifester contre la répression policière sans que ça dégénère. On est là pour manifester notre colère dans la rue, en chantant, en hurlant», a aussi expliqué Alex, 18 ans, le visage masqué, casqué et les mains gantées pour ne pas être filmé «par la police ou les journalistes».

Près de 20 autres rassemblements étaient prévus samedi en France dans le cadre d'une «journée nationale de lutte contre les violences policières».