Aker Yards: les banques à la barre

Frédéric Brenon

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Les commandes changent de main. Deux semaines après le désengagement total de son actionnaire majoritaire, le groupe de construction navale Aker Yards a officialisé hier la nouvelle composition de son actionnariat. Le 14 mars dernier, la cession des parts de la holding industrielle norvégienne Aker ASA, qui détenait 40,1 % d'Aker Yards, avait obligé une redistribution des cartes au sein du capital du repreneur des Chantiers de l'Atlantique. Résultat : un actionnariat éclaté et des banques qui débarquent en force. Des argentiers suédois, norvégiens, américains, belges ou français (BNP Paribas) ont ainsi racheté la majorité des parts vendues par Aker ASA. Grâce à ses trois filiales, la banque suisse UBS devient même, avec seulement 11,57 % du capital, le nouvel actionnaire principal d'Aker Yards.Faiblement représentés, les fonds de pension n'ont pas pris le pouvoir, contrairement aux craintes exprimées par les syndicats. Les actionnaires industriels brillent, eux, par leur absence. « L'actionnariat est tellement dispersé qu'on est en droit de se demander qui est le patron aujourd'hui, ironise Joël Cadoret, délégué CGT aux chantiers de Saint-Nazaire. On est à la merci de la finance, ce n'est vraiment pas rassurant. » « Alors qu'on aurait besoin de stabilité, on se retrouve davantage fragilisés, s'inquiète Joseph Rocher, de la CFDT. On se croyait sorti d'affaires avec Aker yards, mais on se rend compte qu'on est en fait soumis aux lois de la finance. Le moral des salariés va en prendre un coup. »

chantiers Depuis juin 2006, le chantier naval de Saint-Nazaire est détenu à 75 % par Aker Yards et à 25 % par Alstom. Quatrième constructeur mondial, Aker Yards possède dix-sept chantiers dans le monde et emploie 20 000 personnes.