Tony Meilhon rejugé pour le meurtre atroce de Laëtitia Perrais

JUSTICE Le procès en appel de Tony Meilhon, condamné à la prison à perpétuité pour la séquestration et le meurtre de Laëtitia Perrais en juin 2013, débute ce mardi à Rennes...

Frédéric Brenon

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Fathi Benbrahim, avocat de Tony Meilhon, lors du procès d'asises à Nantes en juin 2013.
Fathi Benbrahim, avocat de Tony Meilhon, lors du procès d'asises à Nantes en juin 2013. — Fabrice Elsner

Il avait marqué les esprits en réclamant, avec provocation, une «peine maximale» devant la cour d’assises de Loire-Atlantique en juin 2013. Les jurés lui avaient d’ailleurs donné gain de cause en le condamnant à la prison à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, et accompagnée d’une éventuelle «rétention de sûreté» à sa sortie de détention.

C’est probablement cette dernière mesure, extrêmement rare, qui avait finalement convaincu Tony Meilhon, 35 ans, de faire appel. Et d'ainsi sortir de l'isolement carcéral dans lequel il est plongé afin de revenir devant la justice pour un nouveau procès-fleuve débutant ce mardi à Rennes.

«Ça va être une épreuve terrible»

Pour les proches de Laëtitia Perrais, cette jeune femme de 18 ans retrouvée tuée et démembrée près de Pornic (Loire-Alantique) début 2011, ce second face-à-face avec celui qui a été reconnu coupable d’enlèvement et séquestration suivis de mort s’annonce éprouvant. «C’est un procès qui redémarre à zéro, comme si le précédent n’avait pas existé. Jessica redoute énormément ce moment. Ça va être une épreuve terrible», confie Cécile de Oliveira, avocate de la sœur jumelle de la victime.

Un certain «Monsieur X»

Outre le maintien ou non de la «rétention de sûreté», l'enjeu de ce procès d’appel sera de tenter d’éclaircir le déroulé des faits. En première instance, Tony Meilhon avait en effet livré une version peu convaincante. Les rapports légistes indiquent que Laëtitia a été étranglée et poignardée plus d’une quarantaine de fois. Lui assure avoir poignardé la jeune femme alors qu’il la croyait déjà décédée suite à une chute de scooter. Il n’avait également eu de cesse d’affirmer, sans pouvoir le prouver, avoir reçu l’aide d’un  certain «Monsieur X» pour découper le corps et en cacher une partie dans des plans d’eau des environs.

«On aimerait moins de fantaisies, moins de mensonges, moins de provocation et plus de rationalité de la part de Tony Meilhon, espère Cécile de Oliveira. Mais je suis prudente : j’ai prévenu ma cliente qu’il ne fallait rien attendre de particulier de cet homme.» «Mon client est prêt à s’expliquer, prêt à s’exprimer plus qu’en première instance», promet de son côté Fathi Benbrahim, l’avocat de Tony Meilhon.

Un faits divers hors norme

Onze jours d’audience sont programmés sous les regards d’une soixantaine de journalistes accrédités. Il faut dire que ce fait divers avait suscité l'émoi dans la France entière à l'époque. En raison de l’atrocité du drame (il avait fallu trois mois aux gendarmes pour parvenir à rassembler le corps de Laëtitia), d’une part.

En raison, d’autre part, des vives critiques émises par Nicolas Sarkozy, alors chef de l'Etat, à l’encontre de la justice et des conseillers d'insertion, lesquelles avait entraîné une grève  particulièrement suivie des tribunaux.

Il y avait même eu un autre volet sordide à l'affaire avec la condamnation, en mars dernier, de Gilles Patron, père d'accueil de Laëtitia, à 8 ans de prison pour viols et/ou agressions sexuelles sur cinq victimes, dont Jessica Perrais.