Nantes: Ils lancent la machine Nespresso du vin

ECONOMIE La société nantaise 10-vins a inventé une machine servant des verres de vin parfaitement aéré et à bonne température...

Frédéric Brenon

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La mise au point de la D-vine a nécessité 4 ans de travail
La mise au point de la D-vine a nécessité 4 ans de travail — Frederic Brenon / 20 Minutes

Ils s'appellent Thibaut Jarrousse, Jérôme Pasquet et Luis Da Silva. Ces trois ingénieurs nantais, déjà fondateurs de la société 10-vins spécialisée dans la fourniture de «vin au verre», ont lancé jeudi soir la commercialisation de D-vine, une machine «unique au monde» qu'ils qualifient eux-mêmes de «Nespresso du vin».

Le fonctionnement est simple: au lieu d'une capsule de café, on insère au sommet de la machine un flacon-tube de 10 cl de vin, l'équivalent d'un verre. La D-vine va ensuite lire le code inscrit sur le flacon et, en fonction de ses caractéristiques, servir le breuvage idéalement aéré et à la bonne température. Le processus prend une minute. 

«Plus besoin de se forcer à ouvrir une bouteille»

«Recréer les conditions de service idéales, c'est très compliqué chez soi, assure Thibaut. Or, un bon vin, s'il n'est pas servi comme il le faudrait, peut s'avérer décevant. C'est dommage lorsqu'on ouvre une bouteille à 10 euros par exemple. Avec la D-vine, il n'y a plus à se soucier de mettre son vin en carafe une heure avant, ni de chercher à le refroidir au frigo. La machine sert le vin tel qu'il est le meilleur, c'est-à-dire lorsqu'il révèle toute sa palette aromatique.»

Autre intérêt: s'adapter précisément à l'envie des convives. «Plus besoin de se forcer à ouvrir une bouteille qu'on aura du mal à finir, explique Luis. Si, dans un couple, l'un veut un verre de Bordeaux rouge et l'autre un blanc liquoreux, ça ne pose aucun problème. Et quand vous recevez des amis, vous leur proposez notre carte des vins. C'est très convivial.»

Frederic Brenon / 20 Minutes

Une trentaine de flacons à la carte

Sélectionnés avec un œnologue, une trentaine de crus de qualité (vins de Loire, Rhône, Bordeaux, Provence, Bourgogne et Languedoc) sont, pour l'instant, compatibles. Le prix du flacon varie de 2 euros à 16 euros l'unité. «La moyenne est autour de 4-5 euros, précise Thibaut. C'est environ quatre fois moins que le prix de la bouteille chez le caviste.» Ils peuvent être commandés sur Internet ou achetés directement à la boutique située quartier République sur l'île de Nantes. Leur durée de conservation est d'environ trois ans.

Ambition: 20.000 machines vendues

La D-vine, elle, sera vendue à terme 299 euros prix public. Mais, depuis le lancement jeudi soir d'une campagne de financement participatif via le site Ulule, elle peut être précommandée au tarif de 249 euros. Objectif: vendre au moins 60 machines d'ici le 15 décembre, de manière à pouvoir lancer la production. Les premiers exemplaires seront livrés «entre Noël 2014 et juin 2015». «Si ça marche, et on y croit à fond, l'ambition est de vendre 20.000 machines à l'horizon 2018», confie Luis.

L'invention brevetée, qui aura nécessité quatre ans de travail aux trois ingénieurs, semble en tout cas déjà intéresser les professionnels. «Avec des petits contenus, servis en plus de façon optimale, les gens n'hésitent plus à goûter, estime Régis Neau, producteur de Saumur-Champigny. Ça offre de nouvelles perspectives. Ça peut dynamiser nos ventes.»