Nantes: L’ancienne maison d’arrêt, ouverte au public ce mardi, continue de fasciner

SOCIETE Mardi, près d'un millier de visiteurs se sont pressés dans l’ex-prison du centre-ville...

Julie Urbach
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A Nantes le 11 novembre 2014- L ancienne maison d arret de nantes ouvre ses portes au public
A Nantes le 11 novembre 2014- L ancienne maison d arret de nantes ouvre ses portes au public — Julie Urbach / 20 Minutes

Téléphones portables pour certains, appareils photo pour d’autres, ils déambulent dans des couloirs mal éclairés. Jettent un oeil par le judas. Essayent d’imaginer la cohabitation de deux, trois, ou quatre hommes dans cette étroite cellule. Tentent d’apercevoir un bout de ciel à travers les barreaux.

Un millier de personnes en une journée

Ce mardi, à l'occasion d'une ouverture au public exceptionnelle depuis ce week-end, l’ancienne maison d’arrêt de Nantes (située rue Descartes et fermée depuis 2012 en raison de sa vetusté) ne désemplit pas: après avoir récemment reçu des soirées festives, le bâtiment voué à la destruction partielle a enregistré la visite de près d’un millier de personnes en une journée.

«C’est incroyable cette affluence, se félicite Léa, étudiante et bénévole au Genepi, association à l’origine de ces visites. C’est vraiment super car cela permet de parler de la prison, de créer des passerelles entre la société et le monde carcéral.»

Le public a eu accès aux cellules - Julie Urbach / 20 Minutes

«Je me suis toujours demandée comment ils vivaient»

Au-delà de découvrir les bâtiments administratifs, les cellules, une cour de promenade ou encore l’ancienne chapelle reconvertie en salle de sport, ces visites insolites (les deux prochaines se déroulent ces samedi et dimanche) permettent de mieux saisir les conditions de vie des personnes détenues, souvent méconnues.

«J’habitais juste derrière, raconte Anna, venue avec une amie. Les prisonniers nous faisaient des signes le matin. Je me suis toujours demandée comment ils vivaient.» Samir, lui, le sait déjà. «C’est une claque de revenir ici même si je n’ai plus de pression, confie ce père de famille entouré de ses trois enfants. Ma fille posait beaucoup de questions. Elle va mieux comprendre les neuf mois que j’ai passés ici...»

La cour de promenade est désormais décorée par une fresque - Julie Urbach / 20 Minutes