Saint-Nazaire: Mais que vont devenir les deux navires de guerre russes?

NAVALE «Les conditions ne sont pas réunies pour une livraison à la Russie», a annoncé ce jeudi Manuel Valls. Mais la France hésite à annuler la commande...

F.B. avec AFP

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Le Vladivostok, dont la construction est achevée, attend à Saint-Nazaire.
Le Vladivostok, dont la construction est achevée, attend à Saint-Nazaire. — David Vincent/AP/SIPA

Interrogé ce jeudi à Belgrade sur le sort des deux navires de guerre de type Mistral commandés par la Russie et construits aux chantiers navals STX, le Premier ministre Manuel Valls a répondu: «Vous connaissez la position française. Aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies pour leur livraison à la Russie». Le premier bateau, le Vladivostok, devait initialement être livré mi-novembre. Achevé, il se trouve à quai à Saint-Nazaire.

Les arguments pour dire non

Le dossier est un véritable serpent de mer depuis l'annonce, le 4 septembre, par François Hollande, de lier la livraison du premier Mistral à un règlement politique en Ukraine. Si elle se décide à livrer ces deux navires militaires (dont le contrat porte sur 1,2 milliards d'euros), la France est assurée de semer l'émoi en Pologne et dans les Pays baltes, qui redoutent de faire à leur tour les frais de l'imprévisibilité russe. Les Etats-Unis militent aussi haut et fort contre cette livraison.

Des bateaux difficile à revendre

Mais, d'un autre côté, une annulation risque de placer la France dans la position difficile du partenaire qui n'honore pas ses contrats. La Russie pourrait porter plainte et aurait de fortes chances de gagner un procès et d'obtenir le paiement de pénalités. Et que faire des bateaux? Si le contrat est annulé, «il n'y a pas de plan», relève une source proche du constructeur DCNS. Il sera difficile de revendre les deux Mistral à un autre client, leurs équipements, destinés aux Russes, n'étant pas techniquement adaptés pour d'autres armées.

Vers un report de trois mois?

A Moscou, une troisième voie est esquissée: le contrat permettrait de reporter de trois mois la livraison. Une source «militaro-diplomatique» déclarait jeudi que les marins russes en formation à Saint-Nazaire pouvaient attendre jusqu'à la fin décembre pour la réception du premier navire.