Manifestation qui dégénère: Les Nantais «choqués» ce dimanche matin

SOCIETE Le centre-ville a été le théâtre de violents affrontements avec les forces de l'ordre samedi après-midi...

Frédéric Brenon

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Manifestation en hommage a Remi Fraisse mort sur le site du barrage de Sivens (Tarn) et contre les violences policieres. S.SALOM-GOMIS
Manifestation en hommage a Remi Fraisse mort sur le site du barrage de Sivens (Tarn) et contre les violences policieres. S.SALOM-GOMIS — SIPA

Au lendemain des violents débordements qui ont secoué le centre-ville de Nantes samedi après-midi dans le cadre de la manifestation «contre toutes les violences policières», les Nantais étaient pour la plupart choqués ce dimanche matin.

Si peu vitrines ont été brisées cette fois-ci, de nombreux tags contre la police ou évoquant la mémoire de Rémi Fraisse recouvrent encore les murs des rues voisines du cours des 50-Otages, où l'essentiel des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu.

De nombreux tags recouvrent les murs du centre ville. - F. Brenon / 20 Minutes

«Ça arrive de plus en plus souvent. Ça fait peur.»

«Tant de violence gratuite chez ces jeunes gens, c'est incompréhensible. On vit une période difficile, c'est vrai, mais rien ne peut justifier toute cette casse. Les commerçants qui ont perdu leur vitrine n'y sont pour rien», remarque Michel, 69 ans, qui s'avoue «choqué».

«La mort de ce militant dans le Tarn n'était qu'un prétexte, se désole Sandrine, 44 ans. Ce sont des bandes qui étaient juste venues pour la bagarre et se défouler. Ça arrive de plus en plus souvent à Nantes. Ça fait peur.» Jacqueline, 64 ans, est très énervée: «Ce sont pour la plupart des "ratés" qui ont une rage contre le pouvoir, contre la société toute entière. Et quand on les réunit en groupe, ça donne ça: c'est le défouloir. Et après qui paient les dégâts? Toujours les mêmes. Mais pas eux.»

«On aurait dit une scène de guerre»

Christophe, 34 ans, lui, a assisté de près aux violences: «J'ai vu des gens très organisés, qui, dès le début de la manif, démontaient les pavés des voies du tramway avec des outils. Ils avaient une cagoule, des sacs à dos remplis de projectiles. Ils visaient surtout la police. A un moment, il y avait du gaz lacrymogène partout. Il n'y avait plus personne dans les rues alors qu'on était samedi après-midi. C'était incroyable. On aurait dit une scène de guerre.»

«Y'aurait-il eu tous ces problèmes s'il n'y avait pas eu autant de policiers habillés comme Robocop en centre-ville? s'interroge Clotilde, 25 ans. On les voyait partout, c'était hallucinant. Y'avait même un hélicoptère. Je ne dis pas que c'est de la faute de la police mais je suis sûr que ça excite les casseurs. C'est aussi une forme de provocation.»

Assaut des forces de l'ordre samedi. AFP/ GEORGES GOBET

La manifestation a d'abord réuni près de 800 personnes à proximité de la préfecture samedi, vers 14h30. Environ 200 d'entre elles ont ensuite participé aux affrontements contre les forces de l'ordre. Une vingtaine de manifestants ont été interpellés. Au moins cinq ont été blessés. Cinq personnes sont toujours en garde à vue ce dimanche midi. Quatorze policiers ont également été légèrement blessés, selon la préfecture.