FC Nantes: «Les ultras rennais sont en L2, les nôtres en L1», sourit Luc Delatour, salarié du FCN

FOOTBALL La rivalité entre le FCN et Rennes existe non seulement pour les supporters et les joueurs, mais aussi pour les salariés du club…

David Phelippeau
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Le bâtiment principal du centre d'entraînement de la Jonelière.
Le bâtiment principal du centre d'entraînement de la Jonelière. — Pierre Minier / Ouest Médias / SIPA

Eux aussi ont un grand sentiment d’appartenance à leur entreprise, leur club. Eux aussi cochent en début de saison les dates du match aller et du match retour lorsque le calendrier de L1 tombe. Beaucoup de salariés (autres que les joueurs et le staff) du FC Nantes attendent avec une certaine impatience le duel face au voisin rennais, qui aura lieu dimanche à 14 h, à la Beaujoire. «On a tous plus ou moins de la famille en Ile-et-Vilaine, explique Franck, du service communication. Qu’est ce que j’ai pu me faire chambrer quand on était en L 2! S’il y a un match que tu dois gagner quand tu es Nantais, c’est celui-ci!» 

Les joueurs priés de gagner par les salariés

D’ailleurs, certains membres du secteur administratif ne se privent pas de le dire aux joueurs qu’ils croisent régulièrement dans les allées de la Jonelière ou dans les couloirs du bâtiment administratif. «J’ai dit à Issa (Cissokho) et Fernando (Aristeguieta), après le match de Laval: “Bon, merci pour la qualification mais il y a un match, dimanche, et celui-ci, on ne le perd pas”, explique Cristina, du service billetterie et fan de son club. Dimanche, hors de question que je mette du rouge et du noir... J’aime cette rivalité entre Nantes et Rennes, c’est ça le foot, il faut que ça soit épicé!»

Nantes et Rennes se tirent la bourre pour le recrutement des jeunes

La concurrence entre les deux clubs n’est toutefois pas seulement sur la pelouse. «Au niveau régional, c’est le club qui nous embête le plus, estime Matthieu Bideau, le responsable du recrutement des jeunes. Il y a toujours un goût particulier quand on les bat, ça peut jouer en notre faveur pour avoir un jeune.» 

En attendant, quand Nantes végétait en L2, le recruteur rennais devait avoir le sourire. Bideau: «Quand on était au fin fond de la L2, il y a quatre ans, un jeune de la Mellinet (club nantais) avait signé à Rennes, sa mère, qui habitait pourtant à 2,5 km de la Jonelière, nous avait dit qu’elle voulait que son fils aille dans le premier centre de formation de jeunes de France. Ça nous avait fait mal!» Depuis le retour de Nantes en L1, il y a eu rééquilibre. «On n’a plus rien à leur envier», lance même Bideau.

Nantes devant Rennes en termes de public?

De son côté, Eric, directeur commercial, ressent moins cette rivalité - «on ne chasse pas sur le même territoire» - même s’il avoue qu’avec son homologue rennais, ils se chambrent « gentiment».

Pas d’animosité non plus vis-à-vis de Rennes dans la bouche de Luc Delatour, directeur des compétitions mais tout de même une petite pointe d’ironie à l’encontre des supporters Rouge et Noir. «C’est un club qui travaille bien, stable dans son personnel. Après, Rennes n’a pas le même potentiel public que nous.» Avec un sourire, il lance: «Leurs ultras, ils sont en L2, et nous, nos ultras sont en L1 voire en Ligue des champions!»