Le gars du fond du crew

MUSIQUE MC Circulaire, adepte d’un «ploucsta rap» rural et hardcore

Guillaume Frouin

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Ce qui a vraiment changé sa vie, c'est son arrivée à 15 ans à Saint-Hilaire-des-Loges, village de 1 800 habitants près de Fontenay-le-Comte (Vendée). « Dans le bourg, il y avait une supérette Proxi, et c'était éclairé la nuit », s'extasie-t-il encore aujourd'hui. Rien à voir avec le « trou du cul du monde », une bourgade encore plus petite où il a grandi dans le Morbihan. Le futur MC Circulaire découvre en même temps les joies du vélomoteur, ce qui lui inspirera plus tard un titre sur le 103 SP, mythique cyclomoteur Peugeot des années 1990. C'est à cette même époque que, petit à petit, son futur « crew » va se former. On y retrouve sa choriste et petite amie, Lady Commandement. Il y a aussi son « producteur musical », DJ Barbelivien, et son « managueur », docteur Fergusson. Depuis septembre, ces « dealers de mogettes » ont véritablement lancé leur flow sur le Net. Carton immédiat : la demi-douzaine de titres (« Ça vient de Vendée », « Sodomie »...) ont déjà été écoutés 162 000 fois en six mois sur leur page Myspace. Et les treize concerts donnés se sont tous joués dans des salles pleines. Un premier maxi 4 titres devrait même sortir à la fin avril.Adepte d'un rap hardcore et underground, MC Circulaire tire aujourd'hui à boulets rouges sur Kamini, récente Victoire de la musique, qui a popularisé le rap rural avec le titre Marly-Gomont. « Le ploucsta rap, c'est d'abord défendre les ploucs. Lui, il se fout de leur gueule », rumine le rappeur vendéen.