Les salariés ont investi la mairie mardi midi
Les salariés ont investi la mairie mardi midi — C. Guyard/20 Minutes

SOCIAL

Nantes: Les salariés de la Seita obtiennent un rendez-vous au ministère du travail

Face au plan social inévitable qui se profile, les salariés de l’usine Seita de Carquefou ont manifesté une grande partie de la journée...

La lutte continue et s’intensifie pour les 327 salariés de la Seita à Carquefou (Loire-Atlantique), dont la maison-mère britannique Imperial Tobacco a annoncé la fermeture de l'usine au début de l’année 2015.

A la veille d’un comité central d’entreprise qui doit se tenir ce mercredi au siège parisien du groupe, les syndicats refusent toujours de signer les dispositions du plan social relatives aux primes et aux mesures d’accompagnement. Selon les syndicats, ils ont même décroché un rendez-vous au ministère du Travail ce mercredi matin, à 8h, après une journée mouvementée. «Nous allons démontrer l'absurdité de ce plan social», affirme David Rolandeau, de l'intersyndicale.

L'hôtel de ville investi

Entre 150 et 200 «Seita» ont ainsi exprimé leur colère dans les rues de Nantes mardi, entamant leur manifestation gare Sud avant de bloquer les voies du tramway place du Commerce puis de prendre la direction de l’hôtel de ville dans la foulée. Là, une centaine de salariés est parvenue à franchir la lourde grille de la cour d’honneur.

Parmi eux, Frédéric, affaibli et en fauteuil roulant. Il est l’un des six grévistes de la faim et cela fait 16 jours maintenant qu’il a stoppé toute nourriture. Devant l’entrée de la mairie, à ses côtés, d’autres ont brûlé leur carte d’électeur en guise de protestation devant l’indifférence, selon eux, des politiques à leur sort. «A voté», ont-il crié en enflammant le carton républicain.

Entrevue avec Johanna Rolland

Dans l’après-midi, une délégation a finalement pu rencontrer la maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, Johanna Roland. Une entrevue durant laquelle l’élue a assuré avoir sollicité au plus vite une rencontre avec François Rebsamen, le ministre du travail et de l’emploi. «Nous lui avons fait comprendre qu'il fallait relayer et activer ses réseaux en urgence», indique Ludovic Colin du syndicat Sud.

Dans la soirée, apprend-t-on par une source syndicale citée par l’AFP, aucun des 18 fabricants de cigarettes approchés pour une éventuelle reprise n’aurait donné suite. Deux plans de reconversion du site seraient en revanche à l’étude mais à « faible création d’emploi », d’après la CGT.