La chasse à l'ibis sacré est ouverte

ENVIRONNEMENT L'information fait des vagues dans les marais. Le préfet de Loire-Atlantique a ordonné l'abattage, à partir d'aujourd'hui et pour un mois, d'une partie des ibis sacrés du banc de Bliho, actuellement en pleine période nuptiale. La colonie, située dans...

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L'information fait des vagues dans les marais. Le préfet de Loire-Atlantique a ordonné l'abattage, à partir d'aujourd'hui et pour un mois, d'une partie des ibis sacrés du banc de Bliho, actuellement en pleine période nuptiale. La colonie, située dans l'estuaire de la Loire vers Donges et Montoir-de-Bretagne, est la plus grosse du département.Les échassiers, importés d'Afrique en 1975 par le zoo de Branféré (Morbihan) se sont échappés et ont envahi, depuis, les environs, en se nourrissant dans les décharges à ciel ouvert. Mais « aucune étude ne prouve qu'ils sont des prédateurs pour les autres oiseaux », estime Bertrand Deléon, porte-parole du « collectif pour la protection de l'ibis de Bretagne ». Créé il y a trois semaines, celui-ci a lancé hier une pétition sur Internet. « L'ibis sacré a commencé à prédater des oeufs et des poussins de sternes et de guifettes », nuance Mickaël Potard, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Loire-Atlantique. « Il est devenu nécessaire de les réguler, sans pour autant les exterminer. Nous sommes favorables à la stérilisation des oeufs. »Seulement, à en croire le Collectif pour la protection de l'ibis de Bretagne, « l'abattage des ibis a déjà commencé en secret depuis un an ». « Sous la pression de quelques naturalistes, le préfet a laissé faire les chasseurs, et les a même encouragés », accuse Bertrand Deléon. Selon lui, un « test » avait déjà été opéré au printemps dernier, près du lac de Grand-Lieu. Une autre des colonies des ibis sacrés.

Guillaume Frouin

Selon la préfecture, l'abattage ne doit pas avoir lieu dans les marais, comme le redoutent les défenseurs de l'ibis sacré, mais dans les décharges.