FC Nantes: «Je suis fou d’avoir repris ce club», avoue Waldemar Kita

FOOTBALL Le président nantais était l’invité d’un débat public à la Tour de Bretagne ce lundi soir…

David Phelippeau

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Le président du FC Nantes Waldemar Kita.
Crédit : Pierre Minier/Ouest Media/SIPA
Le président du FC Nantes Waldemar Kita. Crédit : Pierre Minier/Ouest Media/SIPA — SIPA

Le président du FC Nantes Waldemar Kita était l’invité de «Questions publiques» au CCO de Nantes, ce lundi soir. Pendant deux heures, il a répondu aux questions de l'auditoire, n'éludant aucune interrogation survolant parfois certains sujets. Tout au long du débat, il a manié l’humour grinçant vis-à-vis du HBC Nantes ou de la mairie, et le second degré à l’encontre du football féminin. On regrettera l’absence de contradiction une fois les questions posées… Morceaux choisis.

La reprise du club en 2007. «Je suis fou d’avoir repris le club. Toute la famille était contre moi à l’époque sauf peut-être mes enfants qui ont un peu influencé leur mère. Maintenant, elle est d’accord mais elle n’a pas le choix de toute façon.»

Combien a-t-il investi dans le club? «On ne va pas parler d’argent. Même moi, ça me fait peur quand je cite les chiffres. C’est beaucoup d’argent. Quand je suis arrivé, ce club vivait comme un club de Ligue des champions. La première année m'a coûté entre 25 et 30 millions d’euros.»

Un nouveau stade souhaité. «A Nantes, on est en retard d’une dizaine d’années… Si vous n’avez pas un équipement au niveau international au top, ça pose un problème. Avec du vieux, on ne fait pas du neuf. J’avais un projet de construction de nouvelle enceinte avec un centre commercial, la mairie voulait améliorer l'existant. Mon projet coûtait 145 millions d’euros, il fallait 110 millions pour le retaper. Quand on investit 500.000 euros dans un match de hand, ça me dérange.»

Sa vision du foot-business. «Je pense que le foot des années 60 va revenir… L’économie va nous y forcer. On ne peut avoir une philosophie de foot inspirée que des riches. On va peu à peu stabiliser une masse salariale. A l’avenir, on n’aura pas les moyens de payer les salaires trop élevés. On va redonner de l’importance à l’amour du maillot.»

Sa candidature au conseil d’administration de la LFP [il n’a pas été élu]. «Aujourd’hui, on ne défend pas très bien le foot français. Moi, j’aurais demandé un milliard de droits TV. Je suis trop entier. Je parle directement aux gens et ça leur fait peur. L’élection du président du PSG au conseil d’administration de la LFP? C’est la politique. Moi, à travers cette élection, j’ai compris qui étaient mes amis et mes ennemis. Certains m’avaient pourtant dit qu’ils voteraient pour moi.»

Sa vision du foot féminin. «On a travaillé pendant un an sur ce sujet. Les femmes me font peur. J’ai peur qu’elles prennent de plus en plus de place si elles jouent au foot. Qu’est-ce qu’on va devenir, les hommes? Les femmes sont intelligentes. Elles travaillent mieux que les hommes, c’est dangereux. Trop de liberté pour les femmes, c’est très dangereux (ton ironique). Mettre une femme à la tête d’une équipe pro masculine? C’est une très bonne idée car avec une femme, il y a plus de respect. Le message passe beaucoup mieux. Mais, pour moi, c’est un peu trop tôt.»

Ce qu’il pense d’A la Nantaise (association des amoureux du FCN dont il ne veut pas entendre parler). «Je suis plutôt un garçon de dialogue mais on va vite fermer ce dossier… Quand quelqu’un m'insulte, que ce quelqu’un est président de l’association et qu’il est soutenu par des universitaires, je ne discute pas.»

Son avis sur l’actionnariat populaire. «Je suis ouvert d’esprit pour pouvoir gérer du mieux possible mon club. Après, si c’est pour critiquer, ça ne m’intéresse pas. Je ne peux pas m’investir financièrement et intellectuellement, si c’est pour me faire insulter. Moi, je suis ouvert, si c’est constructif.»