La moto-taxi retente sa chance à Nantes

TRANSPORTS En plein essor entre 2008 et 2012, l'activité avait disparu de la circulation nantaise jusqu'à cet été...  

Frédéric Brenon

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Nantes, le 17 juin 2014, lancement d'Allomoto44, societe de moto taxi, gere par Patrick Pucheu (ici en compagnie d'une cliente)
Nantes, le 17 juin 2014, lancement d'Allomoto44, societe de moto taxi, gere par Patrick Pucheu (ici en compagnie d'une cliente) — Frederic Brenon / 20 Minutes

C’était l’âge d’or. Entre 2008 et 2012, jusqu’à six enseignes de moto-taxi ont tenté leur chance à Nantes, inspirées par le succès de l’activité en région parisienne. Et puis plus rien. Toutes ont mis la clé sous la porte, principalement en raison d’un manque de clientèle. Pourtant, une nouvelle société a décidé d’y croire et de relancer le marché nantais depuis cet été. Elle s'appelle Allo moto 44 et est portée par Patrick Pucheu, un motard «passionné» qui avait déjà participé à l’aventure de l'entreprise Illicomoto durant trois ans. «Le marché nantais était limité, se souvient-il. Et puis la réglementation sur les véhicules s’est renforcée et a obligé à des investissements très lourds. Mais désormais je suis seul, donc j’ai bon espoir.»

Atouts et handicaps

Patrick a dépensé 40.000 euros pour s’offrir une Goldwing 1800 suréquipée (musique, siège chauffant, etc.) et extrêmement confortable. Ses principaux clients sont des « avocats, des hommes d’affaires ou des gens pressés d'attraper un avion », à qui il fournit casque, charlotte, gants et protection contre la pluie et le froid.

Les atouts de la moto par rapport à un taxi auto? «Aux heures de pointe on se faufile parmi les embouteillages et on va plus vite. On peut aussi accéder aux zones piétonnes ou stationner facilement au pied d’un immeuble.» Ses handicaps ? «Les bagages sont limités à une valise cabine et à une mallette. On ne fonctionne aussi que sur réservation. On n’a pas le droit de prendre un client à la volée dans la rue. On ne peut pas non plus attendre devant la gare ou l'aéroport.» Les tarifs sont au forfait. Comptez par exemple 45 euros pour un Nantes-aéroport ou 30 euros pour un Nantes-Saint-Herblain.

«Le Nantais n'a pas la culture»

«Je lui souhaite de réussir, mais ce n’est pas évident, observe Vivian Dovergne, ex-gérant de Go moto, qui a stoppé en 2012 faute de rentabilité. L’aéroport est proche, la gare aussi, la structure de la ville ne nous avantage pas. Surtout, le Nantais n’a pas la culture du transport à moto. Il va préférer payer moins cher et galérer dans les transports en commun. Moi je travaillais essentiellement avec des clients originaires de Paris.» «On réfléchit à faire des journées découvertes, positive Patrick Pucheu. Après un essai, ceux qui ont une appréhension de la moto, par exemple, en ressortent généralement séduits.»

Relations tendues avec les taxis

La plupart des anciens gérants de sociétés de moto-taxi évoquent des relations tendues avec les taxis autos. Se disant victime de d'intimidations physiques et verbales, Patrick Pucheu préfère carrément «éviter de rouler la nuit désormais». «Des invectives ça a pu arriver. Mais ça n'a jamais été au-delà à ma connaissance», s'étonne Franck Ladurelle, président du syndicat des taxis de Loire-Atlantique (STLA).