A Nantes, les restaurateurs ne boudent plus le muscadet

GASTRONOMIE Longtemps mal perçu, le vin blanc nantais n'a jamais été aussi présent sur les cartes des restaurants...

Frédéric Brenon

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Nantes, le 15 septembre 2014, dégustation de vin muscadet dans un restaurant nantais
Nantes, le 15 septembre 2014, dégustation de vin muscadet dans un restaurant nantais — Frederic Brenon / 20 Minutes

Le muscadet serait-il enfin parvenu à s’imposer? Longtemps boudé sur son propre territoire, le vin blanc local est de plus en plus visible chez les restaurateurs nantais. Une tendance nouvelle qui se renforce chaque année.

«Le réferencement est en très nette progression, se félicite François Robin, responsable du bureau des vins de Nantes. Plus de 110 tables nantaises ont aujourd'hui au moins un muscadet à leur carte et 47 d’entre elles en proposent au moins cinq, contre une trentaine l’an dernier.»

«Le vignoble s'est remis en question»

 «Il y a quelques années on en trouvait que chez quelques restaurants étoilés ou chez ceux qui avaient des connivences avec un vigneron, se souvient François Robin. C’était une situation unique, inimaginable à Bordeaux ou Strasbourg par exemple. Or on ne peut pas faire la promotion d’un produit à l’extérieur si on n'est pas forts chez soi! » 

Mais pourquoi en était-on arrivé là? «Il y avait une méconnaissance de la profession qui s'était arrêtée à cette image de vin populaire, premier prix, alors que le muscadet a bien changé», analyse François Robin.

«Le vignoble s'est remis en question, précise Richard Baussay, chargé de promotion culinaire pour le Voyage à Nantes. La qualité générale du muscadet s’est améliorée et les chefs ont appris à le redécourvir. La création d’événements, comme les Muscadétours, le guide Les Tables de Nantes ou le macaron I Love muscadet ont aidé à ce rapprochement.»

Les touristes meilleurs alliés que les Nantais

Et qu'en pensent les principaux intéressés? «Du muscadet, on en vend de plus en plus, confirme Eddy Allaouret, co-gérant du Square, qui en propose cinq à sa carte. Sa souplesse, son côté vif, son équilibre, son prix aussi il faut bien le dire, sont appréciés des clients. Après, je trouve encore qu’il est mieux perçu par les touristes que par les locaux. Certains clients nantais, quand on leur suggère du muscadet, ils ne veulent pas goûter. Alors que si on fait une dégustation à l'aveugle, ils aiment.»

Mais toutes les tables nantaises ne font pas cet effort. «Il y a une partie des restaurateurs qui ne jouent pas le jeu du muscadet, observe Eddy Allaouret. Ils vont davantage vers les vins du sud-ouest, vers la facilité. C’est dommage.»

«Il y a encore des progrès à faire, reconnaît Richard Baussay. Notamment pour convaincre les clients qu'il existe une diversité de muscadet, toute une gamme qui peut être associée avec différents plats, pas seulement les fruits de mer.» «Il faut aller à la conquête des restos plus populaires, comme les bistrots, ajoute François Robin. Convaincre les entrepositaires aussi, ils ont une relation étroite avec les gérants, notamment les brasseries. Soyons confiants. Le mouvement est amorcé.»