Fenillat reconnaît que «le FC Nantes doit peut-être changer ses méthodes d'entraînement»

FOOTBALL Le club nantais n’arrive plus à former des jeunes attaquants, susceptibles de s’imposer en Ligue 1...  

David Phelippeau

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Grégory Pujol, dernier attaquant sorti de la Jonelière à s'être imposé en Ligue 1.
Grégory Pujol, dernier attaquant sorti de la Jonelière à s'être imposé en Ligue 1. — M. Libert/20 Minutes

Le sujet revient comme une antienne. Pourquoi le FC Nantes n’arrive plus à former des attaquants, capables de marquer en Ligue 1? Il faut remonter au début des années 2000 avec Grégory Pujol pour retrouver trace d’un joueur offensif, sorti du cocon nantais et susceptible de vous planter une dizaine de buts par saison dans l’élite. Et encore l’actuel attaquant du Gazélec Ajaccio a vraiment acquis un statut de joueur confirmé de L1 sur le tard (55 buts avec Valenciennes de 2007 à 2014). Depuis Grégory Pujol, aucun élément offensif, formé à la Jonelière, ne s’est vraiment imposé.

Attaquant, un poste particulier

On a cru en Claudiu Keserü mais le Roumain n’a pas donné satisfaction, selon ses détracteurs, ou a manqué de temps, selon ses défenseurs. «Le jeune attaquant doit vite marquer sous peine de vite être oublié, explique Matthieu Bideau, responsable du recrutement au FC Nantes. C’est un poste extrêmement complexe au même titre que celui de gardien de but…» Milieux de terrain défensifs, défenseurs axiaux ou latéraux, gardiens de but… Nantes forme tout sauf des buteurs depuis plus d’une décennie.

Une réflexion menée

«On mène une vraie réflexion par rapport à ça, reconnaît Samuel Fenillat, le directeur du centre de formation. On doit peut-être changer nos méthodes d’entraînement. Parfois, on fait sans doute plus de séances qui correspondent plus à nos milieux de terrain qu'à nos attaquants.» Le mal n’est «pas seulement nantais», rappelle, à juste titre, Bideau. En France, seuls Lyon – Yattara et Lacazette – et Lille - avec Origi – font figure d’exception. Des «produits locaux» qui ont forcément un coût. «Un très bon jeune de 13 ou 14 ans en France ou à l’étranger, il faut mettre de l’argent, explique Fenillat. Les bons attaquants – même à cet âge-là – sont rares donc chers. Et dès que les gros clubs comme Paris, Monaco, Rennes, Bordeaux ou Lyon sont sur le même jeune que nous, on se retire.»

Une surenchère permanente sur les jeunes attaquants surdoués

Sur certains présumés cracks, «c’est la course à l’armement», avoue Fenillat. Pour des gamins de 13-14 ans, les enchères ont vite fait de grimper jusqu’à plus de 200 000 € sans compter tous les avantages accordés à la famille… «Même si on a un beau passé, de belles structures, ça ne suffit plus», regrette Fenillat, qui pense que mettre autant d’argent sur des jeunes pousses n’est absolument «pas une garantie» de réussite.

Le FC Nantes mise sur la post-formation

Pour pallier ce manque de moyens, le FC Nantes a trouvé une solution : la post-formation. C’est-à-dire recruter des joueurs à partir de 18 ou 19 ans, souvent pensionnaires de divisions inférieures. «On a ciblé la post-formation car on peut souvent faire des bons coups sur les attaquants, insiste Fenillat. Ça n’a pas trop mal marché pour nous ces dernières années et ça a coûté zéro!» Rodelin, Raspentino et Bammou en sont les exemples - récents ou actuels - parfaits.