On a testé le Rennes-Nantes en train

TRANSPORTS Distantes de 100 km, les deux métropoles de l’ouest ne bénéficient pas d’une liaison ferroviaire à la hauteur: un débat public s’ouvre mercredi à Rennes pour tenter d’améliorer la situation...

Camille Allain

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Le TER Rennes-Nantes
Le TER Rennes-Nantes — Camille Allain APEI / 20 Minutes

Il est 7 h ce mardi et le quai numéro 8 de la gare de Rennes se remplit doucement. Dans dix minutes, le TER de 7h10 partira en direction de Nantes. Ce train est le seul qui permette aux salariés de rejoindre la Cité des Ducs à temps, ou presque, pour l’heure d’embauche.

«J’arrive tous les jours dix minutes en retard au bureau. Je n’ai pas le choix, il n’y a pas d’autre train avant», regrette Catherine, la quarantaine.

Des trajets trop longs
Comme elle, de nombreux voyageurs prennent place chaque jour dans le train de 7h10 et depuis une dizaine d’années, la ligne a vu sa fréquentation progresser, boostée par la hausse du prix du carburant. «Le problème, c’est qu’il n’y a presque pas de liaisons directes», regrette Daniel, un autre voyageur. Des trains directs, il y en a sept par jour dans chaque sens. Les autres trains prennent le temps de s’arrêter dans de petites gares, comme Redon ou Messac.

Lors de ma réservation, la SNCF m’a ainsi proposé des trajets allant jusqu’à 3h50 en passant par Le Mans, ou via des liaisons en car. «Il faut bien s’arrêter dans les petites gares. Le problème à Redon, c’est qu’il faut changer de train et ça prend du temps. Mais croyez-moi, la situation s’est nettement améliorée», explique la contrôleuse du train en vérifiant mon billet facturé 25 €.

Pour réduire le temps de trajet, Réseau Ferré de France a planché sur plusieurs scénarios qu’il présentera ce mercredi à Rennes à l’occasion du lancement du débat public. Tous ces tracés prévoient d’ailleurs de desservir, un jour peut-être, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

1h15 en train comme en voiture

«Une heure quinze pour 100 kilomètres, je trouve ça long. Idéalement, ça ne devrait pas dépasser 45 minutes», regrette Patrick avant de s’asseoir en seconde classe. Le train s’élance et j’en profite pour observer la Vilaine encore drapée d’une brume matinale. Protégés, les environs de la rivière décideront en partie du futur tracé qui devrait être inauguré en 2030. « Ça paraît tellement loin. Il faut voir le bazar que c’est le lundi matin et le vendredi soir. Ça, je n’en peux plus », soupire Isabelle.

Tous ces voyageurs préfèrent pourtant le train à la voiture. « Tous les jours, cela revient à très cher. Et puis c’est vraiment fatiguant, notamment à cause des bouchons », témoigne Patrick. Ce mardi, le train est plutôt calme. Après 1h15, nous arrivons à Nantes. Il est 8h26 et je regarde les horaires des trains pour faire le trajet dans l’autre sens. Rien avant midi et demi. J’opte finalement pour un covoiturage avec Anaïs. Il m’en coûtera 9 € pour un trajet qui durera exactement… 1h15.