Carquefou: «Exaspérés», les salariés de la Seita s'en prennent à leur usine

SOCIAL Les négociations sur la fermeture annoncée du site patinent, selon la CGT...

20 Minutes avec AFP

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Des employés de Seita Imperial Tobacco manifestent devant l'entrée de l'entreprise à Carquefou, le 15 avril 2014
Des employés de Seita Imperial Tobacco manifestent devant l'entrée de l'entreprise à Carquefou, le 15 avril 2014 — Jean-Sébastien Evrard AFP

Les négociations entre le cigarettier Seita et les syndicats sur le plan social drastique annoncé en avril «butent sur plusieurs points essentiels» et les salariés sont «exaspérés», a rapporté mardi la CGT à la veille d'une nouvelle discussion. Le premier syndicat demande à l'entreprise de «revoir sérieusement ses propositions» et de «cesser de jouer le chaud et le froid» dans les négociations prévues jusqu'à mi-octobre sur les mesures d'accompagnement, a expliqué son représentant Eric Comparot.

Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) annoncé en avril par la filiale d'Imperial Tobacco porte sur 366 suppressions nettes d'emplois, près du tiers des effectif (1.150). Il prévoit la fermeture en France de l'usine nantaise de Carquefou, la fin du centre de recherche de Bergerac (Dordogne), et des suppressions de postes à Fleury-les-Aubrais (Loiret) et au siège à Paris.

Pour l'heure, «les propositions de la direction sont en dessous des capacités financières de l'entreprise et des besoins des salariés» qui vont perdre leur poste, expose Eric Comparot. Sollicitée, l'entreprise n'a pas réagi dans l'immédiat.

Des dégradations commises dans l'usine de Carquefou lundi

Selon le délégué central, des dégradations ont été commises dans l'usine de Carquefou, près de Nantes, lundi et dans la nuit. «On ne peut que comprendre les salariés, ils sont exaspérés» et «dans l'incompréhension car l'entreprise annonce encore des résultats exceptionnels», a-t-il dit. Les négociations «butent» sur le montant de la prime de licenciement, la durée du congé de reclassement et les mesures de reclassements interne.

Pour les salariés licenciés, «la direction propose 1,5 mois par année d'ancienneté avec un plancher de 30.000 euros». La CGT souhaite deux mois et «une prime complémentaire pour tous les salariés».

Le syndicat réclame par ailleurs davantage que 12 mois de reclassement et se plaint du faible nombre de postes offerts en interne, «une cinquantaine», selon le syndicat. En outre, la direction «traîne» selon lui à examiner la proposition de l'intersyndicale (CGT, Unsa et CFE-CGC) de transférer une partie de la production à Riom (Puy-de-Dôme).

Cette question sera à l'ordre du jour d'un prochain CCE les 17 et 18 septembre, précise-t-il. Les salariés de Carquefou avaient au printemps fait grève pendant plus de quinze jours et retenu cinq cadres pendant 24 heures. La direction avait fait fermer momentanément l'usine qui tourne depuis au ralenti.