Education: A Nantes, une pré-rentrée sur fond de couacs

ENSEIGNEMENT Le syndicat FSU alerte sur l’incohérence des affectations des enseignants stagiaires...

David Prochasson

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NANTES, le 02/09/2010 Rentree scolaire au college du pre gauchet, pres du quartier d affaire euronantes
NANTES, le 02/09/2010 Rentree scolaire au college du pre gauchet, pres du quartier d affaire euronantes — © Fabrice ELSNER

«Un grand bazar.» Alors que les enseignants stagiaires des collèges et lycées de l’académie de Nantes faisaient leur pré-rentrée ce lundi, une cinquantaine d’entre eux vit, selon la FSU, des situations pour le moins absurdes. «De nombreux étudiants ont été affectés en tant que professeurs stagiaires dans une académie différente de celle où ils sont inscrits en master», dénonce le syndicat majoritaire de la profession.

C’est le cas de Jérôme Renevier, 26 ans. Cet étudiant devra enseigner à Angoulême les lundis et vendredis tandis qu’il terminera, en alternance, sa formation théorique –un M2 éco-gestion non dispensé dans cette ville, à l’université de Nantes les mardis et mercredis. «J’ai déposé deux requêtes au ministère: l’une pour être affecté à Nantes, elle a été refusée; la seconde pour reporter mon stage en établissement, je n’ai pas eu de réponse.»

Résultat: des frais de transport et de logement, du temps de perdu en vue du diplôme et des situations parfois ubuesques. Comme celle de Jonathan Le Bris qui devra, lui, enseigner dans la banlieue bordelaise les jours mêmes où seront dispensés ses cours théoriques à Nantes.

Un afflux de stagiaires exceptionnel

«On va tout faire pour résorber les cas difficiles», explique le rectorat. Qui ne cache pas, toutefois, une certaine impuissance: «Les étudiants affectés hors académie l’ont été sur décision du ministère, de manière à répartir équitablement les professeurs sur le territoire.»

L’ouverture l’an dernier d’un concours exceptionnel explique en partie ces difficultés: «Alors qu’on avait 500 stagiaires l’an dernier, on en a 850 en 2014 dans l’académie de Nantes, il faut trouver une place pour tout le monde», justifie-t-on au rectorat. Le syndicat FSU pointe du doigt «l’évidente précipitation» avec laquelle s’est faite la réforme de la formation d’enseignant à la rentrée 2013. Les anciens IUFM étaient alors devenus des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé).