Sans RMI, les gens du voyage restent à quai

MANIFESTATION Le coup de gueule. Une centaine de gens du voyage se sont regroupés hier midi devant le conseil général, pour dénoncer « les difficultés et l'aggravation de leurs conditions de vie ». La suspension du RMI à quinze familles, suspectées d'être impliqué...

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Le coup de gueule. Une centaine de gens du voyage se sont regroupés hier midi devant le conseil général, pour dénoncer « les difficultés et l'aggravation de leurs conditions de vie ». La suspension du RMI à quinze familles, suspectées d'être impliquées dans un trafic illicite de métaux, a été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ». « Les conséquences humanitaires sont terribles, en termes de nourriture, d'éclairage ou de chauffage », fait valoir le collectif des gens du voyage, qui rappelle que « les familles sont, à ce jour, présumées innocentes ».« Si leurs véritables revenus avaient été déclarés, ces personnes n'auraient pas pu avoir droit au RMI », rétorque Alain Robert, vice-président (PS) du conseil général chargé de l'insertion. « Le versement de l'allocation est, de toute façon, simplement suspendu. Si la justice les blanchit, elles récupéreront leur argent, et ce de façon rétroactive. Si elles sont condamnées, alors le conseil général cherchera à obtenir réparation. » L'élu « regrette » par ailleurs « la mise en exergue » de ces quinze ménages par les associations. « Ce n'est pas rendre service aux autres gens du voyage, qui sont déjà très discriminés », estime Alain Robert.Ironie du sort, sept autres personnes ont été interpellées, tôt hier matin, à Frossay, Machecoul et dans le quartier Chantenay, à Nantes. Elles sont soupçonnées d'avoir écoulé « quinze tonnes de métaux volés », et d'en avoir tiré plus de 500 000 €.

Guillaume Frouin