Logement: L’habitat intergénérationnel, ou comment troquer une présence contre un loyer moins cher

LOGEMENT A Nantes, une centaine de binômes jeune-senior vont se former pour la rentrée…

Julie Urbach

— 

A Nantes, le 18 ao˚t 2014- Antoine a choisi l'habitat intergenerationnel
A Nantes, le 18 ao˚t 2014- Antoine a choisi l'habitat intergenerationnel — Julie Urbach / 20 Minutes

Alors que cette année encore, la rentrée universitaire va peser lourd dans le budget des étudiants, Antoine, lui, aborde la fin du mois d’août plutôt sereinement. Il faut dire que niveau logement, cet étudiant en master 1 de droit a dégoté «une opportunité en or»: pour la troisième année, son loyer n’excédera pas, par mois, la somme de 1 euro symbolique et «entre 60 et 80 euros» de charges.

Comme lui, une petite centaine de jeunes Nantais a opté pour l’habitat intergénérationnel. Le principe de ce bon plan: pour une chambre ou un studio au loyer dérisoire, un étudiant ou un jeune salarié s’engage à assurer une présence auprès de la personne âgée qui l’héberge. A Nantes, deux principales associations sélectionnent en ce moment même les candidatures, afin de former les binômes les plus adéquats dès la rentrée.

«On analyse les demandes de chacun, puis on organise une première rencontre. Pour que l’expérience fonctionne, il faut que ça colle», estime Mathilde Duveau, de l’association Le temps pour Toit. A l’association Nantes Renoue, il existe deux possibilités: «Le jeune peut choisir la présence active, en s’engageant à être là le plus régulièrement possible, explique Erwann Quéméré, le responsable. S’il souhaite moins s’impliquer, en disposant de tous ses week-ends et vacances scolaires par exemple, c’est possible. Mais il devra participer davantage financièrement.»

Il veille sur ses quinze voisines

Dans le cas d’Antoine, grâce à l’association Nantes Renoue, le procédé est allé encore plus loin. Si le jeune homme de 22 ans a son propre appartement, un T2 de 41 m2 tout équipé au Clos-Torreau, il doit veiller sur une quinzaine de ses voisines, âgées entre 54 et 80 ans.

«Je leur consacre en moyenne cinq heures par semaine, raconte Antoine, appelé parfois «le p’tit jeune». C’est aléatoire, selon leurs besoins: on discute, je change une ampoule parfois, je monte un pack d’eau, on joue aux cartes… Elles me racontent beaucoup de choses: ça fait beaucoup de noms à retenir entre les enfants, les petits-enfants et les chats!»

Grâce à Antoine, les mamies ont aussi tissé des liens entre elles, et se retrouvent fréquemment pour une sortie course ou des repas à thème. «C’est rassurant, estime Andrée, 80 ans. Au lieu de déranger les enfants, on sait à qui demander si l’on n’est pas très bien. Pareil pour arroser les plantes…»