Une semaine à vélo sans la vue

F. Brenon

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Claude, pilote, et Luciano, malvoyant.
Claude, pilote, et Luciano, malvoyant. — F. Brenon. 20 Minutes

Ils parcourent une centaine de kilomètres par jour à deux-roues, sans l'aide de la vue. Dix malvoyants ou non-voyants membres de l'association nantaise Clissaa participent depuis le début de la semaine à leur randonnée cycliste annuelle à tandem. Après la Loire à vélo l'été dernier, un tour des Deux-Sèvres est au programme de ces sportifs âgés de 25 à 74 ans. « Le vélo, c'est la liberté. On n'est plus avec une canne blanche à chercher la route. On ressent la vitesse, le vent, la nature, les odeurs qui changent », s'enthousiasme Luciano Niccoli, atteint d'une cécité progressive depuis ses 38 ans.

Le rôle essentiel du pilote


Installé à l'avant, le pilote (voyant) joue un rôle essentiel. Plus qu'un guide, c'est un véritable compagnon. « Il commande le démarrage, signale les intersections, les virages, explique Luciano. Il nous décrit aussi le paysage, nous raconte s'il y a un champ, un village. Et il nous aide encore lorsqu'on a posé pied à terre. » « Cela réclame de la coordination et, surtout, une confiance absolue, décrit Claude Menard, pilote bénévole. S'il y a une appréhension, c'est compliqué. Sinon il n'y a aucun risque. Une descente à 50 km/h est un plaisir. » L'association forme les pilotes pour rouler à tandem durant l'année, mais peine à en trouver, même au sein des clubs. « Ils n'ont pas envie de se s'emmerder ou ont peur de la responsabilité, regrette Luciano. C'est dommage. Le sport aide les gens à dépasser leur handicap et à sortir de l'isolement. »