«A la Jonelière, on réfléchissait»

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Laurent Guyot, l'ex-Nantais.
Laurent Guyot, l'ex-Nantais. — E. Pol/Sipa

Pourquoi y a-t-il autant de techniciens passés par Nantes ?

C'est surtout dû à des personnes croisées là-bas comme Denoueix ou Suaudeau. A la Jonelière, on ne nous guidait pas mais on nous interrogeait. Pour eux, les séances ce n'était pas que taper dans le ballon et courir, c'était réfléchir avant tout. La pédagogie de questionnement qu'on apprend aux formateurs maintenant, Suaudeau la faisait à l'époque, même en professionnel. Suaudeau et Denoueix étaient des précurseurs en matière de pédagogie.

Vos années nantaises vous servent ?

Forcément. Pour tout ce qui est jeu caché, combinaisons, Suaudeau et Denoueix étaient très bons. Il n'hésitaient pas à arrêter le jeu. On dit qu'il faut que les entraînements soient dynamiques, je me souviens que des jeux étaient parfois arrêtés toutes les trois ou quatre minutes. Celui qui était à l'opposé et qui pensait ne pas être concerné était tout à coup durement sollicité car il bâillait ou regardait ailleurs.

Recueilli par D.P.