Les pro-rattachement sont en colère et le font savoir

Frédéric Brenon

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Près de 200 manifestants bretons se sont réunis mardi devant la préfecture.
Près de 200 manifestants bretons se sont réunis mardi devant la préfecture. — f. Brenon/20 Minutes

 

La proposition de François Hollande de ne finalement pas toucher aux frontières des régions Bretagne et Pays de la Loire a plongé lundi soir les partisans du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne dans un profond désarroi. Ce scénario compromet en effet grandement la perspective de voir un jour se reformer la Bretagne à cinq départements. Près de 200 manifestants ont fait entendre leur colère ce mardi soir devant la préfecture à Nantes.

« Il y avait là une opportunité historique, déplore Jean-Louis Jossic, ex-adjoint au maire de Nantes, musicien du groupe Tri Yann. Le peuple s'exprime pour une réunification dans les sondages, dans la rue, mais on s'en tape. Une Bretagne à cinq ce n'est pas que du folklore, c'est surtout un gage de développement économique. Les liens sont bien plus forts entre Rennes et Nantes qu'avec Angers ou Le Mans. Et il est évident qu'une région où il y a un sentiment d'appartenance, ça fonctionne mieux. » « Ne pas faire la réunification de la Bretagne à cette occasion, c'est à désespérer », soupire également François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique. Du côté de l'association Bretagne réunie, l'incrédulité est de mise, « d'autant plus qu'on n'a jamais été aussi proches de la réunification depuis 70 ans ». Mais son président n'entend pas baisser les bras pour autant. « Nous gardons notre énergie, confie Jean-François Le Bihan. La mobilisation sera forte ces prochaines semaines. Les élus ont encore le temps de réfléchir et d'éviter une grave erreur. » « Nous ne laisserons pas les conservateurs décider à notre place, nous ne serons pas otages de cette non-réforme », clame aussi le collectif 44=Breizh, qui appelle à «entrer dans une campagne d'agitation intense pour la réunification ». Le président PS du conseil régional de Bretagne Pierrick Massiot, a, lui, plaidé pour que les habitants de Loire-Atlantique «puissent se prononcer ». « On peut toujours différer les choses, mais on n'arrête pas une idée en marche, est persuadé Jean-Louis Jossic. A un moment, les départements vont tous vouloir se barrer ailleurs car rester dans une région qui sera devenue l'une des plus petites de France ne sera pas tenable.»