Rideau sur la Maison de la marionnette

Frédéric Brenon

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La structure était endettée.
La structure était endettée. — archives F. Elsner/20 Minutes

La menace planait depuis plusieurs mois. Plombée par un déficit estimé à 70 000 €, la maison de la marionnette de Nantes a décidé de déposer le bilan. La structure, qui a quitté ses locaux du centre-ville en 2011 pour s'installer dans une salle neuve de 95 places au sein du centre commercial Beaulieu, a donc joué dimanche son dernier spectacle, un conte des frères Grimm. Elle avait attiré l'an passé 12 000 spectateurs.

Une histoire de 75 ans


« On a le moral au 36e dessous, confie Serge Couturier, responsable de la maison. On a essayé de s'en sortir, hélas ce n'était plus tenable. Les recettes n'étaient pas mauvaises, mais elles ne permettaient pas de couvrir l'augmentation des charges. Notre loyer [8 000 € par trimestre] était le plus pénalisant. » Serge Couturier regrette aussi le manque de passion du public. « Il y a de plus en plus de spectacles gratuits subventionnés et on se rend compte que les gens tiquent à payer pour du spectacle vivant. La demande évolue, mais ça fait mal. » La Maison de la marionnette était la dernière aventure de la famille Créteur qui proposait des spectacles à Nantes depuis 1938. « C'était la seule ville de l'Ouest à avoir un théâtre fixe de marionnettes. J'espère que quelqu'un réussira à reprendre le flambeau. Ce serait beau », avoue Serge Couturier. Une cinquantaine de marionnettes, issues de la collection familiale, seront vendues aux enchères afin de résorber la dette. La mairie se dit intéressée pour racheter quelques exemplaires «ayant marqué l'histoire de la ville» dans le but de les exposer. Elle souhaite aussi que le théâtre du centre Beaulieu « reste un lieu dédié à la jeunesse ».

■ Le Cabanier aussi

Lui aussi proposait de temps à autre des marionnettes. La scène artistique du Cabanier, installée quartier Saint-Félix, fermera ses portes samedi soir sur décision personnelle de ses gérants.