«Les Bleus, ça laisse un regret»

Propos recueillis par David Phelippeau

— 

" Je n'étais pas d'accord quand Anti m'a cantonné à jouer en défense. "
" Je n'étais pas d'accord quand Anti m'a cantonné à jouer en défense. " — F. Elsner / 20 Minutes

Pour la troisième année consécutive, Rock Feliho (31 ans) a été élu, dimanche soir, meilleur défenseur de LNH. Entretien avec le patron de la défense du HBC Nantes, qui fait partie des tous meilleurs joueurs français, mais qui n'a pourtant jamais été pris sous le maillot bleu...

Comment avez-vous réagi quand vous avez su que vous étiez encore élu meilleur défenseur de LNH ?

C'est une grande fierté. C'est toujours agréable de recevoir ce genre de distinction individuelle dans un sport collectif. Je suis fier, car ce sont en partie les joueurs (70 % des joueurs et 30 % des internautes) qui ont voté. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour juger quels sont les meilleurs joueurs à leur poste.

C'est une œuvre collective, cette récompense ?

Oui, je la dois à mes fidèles soldats de la défense. Avec eux, je peux aller à la guerre. Par exemple Gharbi : on a besoin l'un de l'autre. C'est un joueur qui me pousse à être performant. Il fait partie des joueurs avec qui je partage cette distinction. C'est aussi un peu son trophée.

Quand vous êtes arrivé à Nantes il y a quatre ans, vous jouiez en attaque et en défense. Vous étiez loin d'imaginer que vous alliez devenir le meilleur en France ?

Bien sûr. J'avais des ambitions, mais pas celles-ci. Je n'étais pas d'accord avec le coach Thierry Anti lorsqu'il m'a cantonné à la défense. Il faut bien reconnaître qu'il a eu raison. Lui et son adjoint Grégory Cojean sont pour beaucoup dans ce nouveau trophée.

Vous n'avez cependant jamais joué en équipe de France...

Bien sûr que ça laisse des regrets par rapport aux Bleus. Quand tu vois les Bleus, tu as envie d'en faire partie. Et encore plus quand tu finis trois fois meilleur joueur français à ton poste...

Vous y croyez encore ?

Je ne suis pas dupe. Tout ça arrive un peu tard pour moi. Ces titres sont aussi un moyen pour moi de montrer ma vraie valeur et de faire parler de moi.

Si vous étiez resté à Toulouse [il est resté quelques semaines en 2012 avant de revenir à Nantes], vous auriez peut-être été pris ?

Peut-être. Là-bas, le sélectionneur Claude Onesta vient à tous les matchs, donc il te voit plus. Quand je suis parti là-bas, je ne peux pas cacher que j'avais aussi ça en tête.