De la place en rab pour la récup

Julie Urbach

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Mobilier, livres, vaisselle et autres vêtements sont en vente au Comptoir.
Mobilier, livres, vaisselle et autres vêtements sont en vente au Comptoir. — J. Urbach/20 Minutes

Dans les rayons, des assiettes en porcelaine, des petits tabourets, mais aussi un masque à gaz ou une peau de renard… Dans ce fouillis organisé, ces objets ont cependant un point commun : destinés au départ à être jetés, ils sont pourtant en bon état et recherchent tous, aujourd'hui, de nouveaux propriétaires. Ce principe, appelé «récup» ou «réemploi», est à l'origine du Comptoir. Sur 500 m2, cette nouvelle boutique vient d'ouvrir ses portes au sein du Solilab, sur l'île de Nantes.

Si le principe, dans l'air du temps, existait déjà avec Emmaüs ou les ressourceries, le Comptoir s'est donné comme mission de convertir une plus large part de la population à l'achat d'occasion. «Il y a quelques années, les gens pouvaient être un peu gênés mais avec la crise, ils commencent à s'y mettre, explique Sylvain de l'atelier du Retz emploi, une ressourcerie à l'origine du Comptoir. La récup ce n'est pas dévalorisant, au contraire. C'est une démarche citoyenne et écologique. »

Près d'une tonne par jour


Car, chaque matin, près d'une tonne de marchandise est récupérée aux déchetteries de Saint-Herblain et Saint-Sébastien. S'en suit un important travail de tri et de nettoyage, avant de mettre les objets en rayon. «Nous ne vendons que ce qui est en bon état. Même si c'est de la deuxième main, l'on se doit de proposer des produits de qualité», estime Sylvain.

Avec des horaires dignes d'un magasin traditionnel (ouverture du mardi au samedi de 10 h à 18 h), l'espace propose pour quelques euros, des objets du quotidien mais aussi des vêtements au kilo grâce au Relai, qui possède le réseau de friperies Ding Fring. De quoi ravir Christelle, qui déambule dans les allées, un tas de pantalons sous le bras. «Je ne m'habille qu'avec des pièces de seconde main, sourit-elle. Pour les meubles aussi : j'aime le fait qu'ils aient du vécu.» Pour Annie, couturière, le réemploi est aussi source d'inspiration : «J'achète un vêtement d'occasion et j'en crée un autre. C'est à chaque fois un vrai défi !»

■ Solilab

Près du Hangar à bananes, le Solilab accueille un pôle dédié à l'économie sociale et solidaire. Les associations qui l'occupent ouvriront leurs portes au public les 13 et 14 juin prochains.