L'enquête sur la mort d'El-Amri rebondit

FAIT DIVERS Un sans domicile fixe de la région nantaise a été mis en examen mercredi pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », dans l'enquête sur la mort de Taoufik El-Amri, a indiqué hier le parquet de Nantes.

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Un sans domicile fixe de la région nantaise a été mis en examen mercredi pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », dans l'enquête sur la mort de Taoufik El-Amri, a indiqué hier le parquet de Nantes.

Dans cette affaire, où seuls trois policiers étaient jusque- là mis en cause, cet homme est soupçonné d'avoir eu une altercation avec l'ouvrier tunisien, juste avant sa noyade dans le canal Saint-Félix dans la nuit du 22 au 23 novembre 2006. Placé en garde à vue lundi soir, il a toutefois nié avoir rencontré Taoufik El-Amri. Face à ses dénégations, le parquet de Nantes rappelle que l'intéressé « a eu plusieurs versions contradictoires » depuis son interpellation.

Le suspect, qui avait été recueilli trempé par les pompiers au matin du 23 novembre, alors qu'il cherchait un refuge, avait d'abord affirmé être tombé dans la Loire. Puis dans l'Erdre. Avant, finalement, de reconnaître être tombé dans le canal Saint-Félix. Pour autant, ce sans domicile fixe n'a pas été incarcéré. Il a été remis en liberté, et placé sous simple contrôle judiciaire. « Il a un travail, ce qui fait qu'on peut le joindre facilement, justifie une source judiciaire, et il s'est présenté à toutes les convocations jusque-là. »

Les syndicats policiers, se montrent très prudents. Alliance se refuse à polémiquer « au nom de la présomption d'innocence, qui n'a pas été respectée pour nos trois collègues ». Du côte de l'Unsa, Laurent Maldelar juge, avec la même circonspection « qu'on ne peut que se féliciter de cet élément nouveau, qui va peut-être les blanchir, mais c'est un peu léger dans l'immédiat ».

La veuve de Taoufik El-Amri, elle, a plus vivement réagi. Interrogée par RTL, elle a affirmé ne pas croire à cette thèse : « Cette mise en examen me paraît assez tardive. Je crois qu'ils essayent d'enlever les policiers de l'histoire. S'ils avaient fait leur travail, Taoufik serait encore là. Ils l'auraient mis en cellule de dégrisement. »

G. Frouin

Les policiers qui avaient arrêté El-Amri ivre avant de le relâcher, ont été suspendus et mis en examen pour « délaissement » et « faux témoignage ».